Étude de cas ARGUS · 30 septembre 2026 · « La France traverse une crise du pouvoir d'achat historique : depuis 2024, les familles ont perdu 1 200 euros en moyenne »

Pouvoir d'achat : un recul rare, une « même ampleur » démentie par l'infographie de l'article

Eric Albert soutient dans Le Monde que la France traverse une crise du pouvoir d'achat « historique », chiffrée à 1 200 euros par famille. L'analyse confirme le fait rare sur lequel il s'appuie et l'explication qu'il en donne, mais établit que l'intensité affichée excède les données de l'article : ampleur moindre que les épisodes antérieurs, seconde année prévisionnelle, perte « des familles » tirée d'une moyenne dont la baisse de 2025 tient d'abord aux dividendes.

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Publié le 30 septembre 2026 dans la série « A l’euro près », l’article s’ouvre sur la campagne électorale et pose son diagnostic : la France traverse « une crise du pouvoir d’achat historique », et « ce n’est pas une figure de style, mais une réalité statistique ». Le pouvoir d’achat moyen, que l’Insee mesure en rapportant le revenu disponible brut des ménages au nombre d’unités de consommation, a reculé de 0,7 % en 2025 et est « en passe » de reculer d’autant en 2026, deux baisses consécutives qui, selon l’article, ne se sont produites que deux fois depuis 1960. Des calculs de l’Institut français d’économie (IFE) « réalisés pour Le Monde » traduisent ce recul en une perte de 1 200 euros pour une famille de deux adultes et deux enfants. L’explication suit : les salaires réels baissent depuis 2019 sous l’effet de l’inflation ; l’emploi, les transferts sociaux et les revenus du patrimoine ont longtemps compensé cette baisse, puis ces compensations disparaissent en 2025 et 2026. L’article décrit ensuite la répartition des pertes, désignant la « petite classe moyenne » comme grande perdante, puis les réactions des ménages. Il ne plaide pour aucune mesure de politique publique.

L’analyse reconnaît au texte un socle factuel exact. Le recul de 0,7 % en 2025 est celui de l’Insee, comme la progression de 2,5 % en 2020-2021 ; le second recul de 2026 est prévu aussi par l’Insee, indépendamment de l’IFE. Le critère de rareté est cohérent avec la série que l’article publie : la thèse de rareté est établie pour 2025 et corroborée pour 2026. Le texte corrige en outre, contre l’intérêt dramatique de son sujet, une lecture répandue : « contrairement au discours ambiant, le pouvoir d’achat a bien résisté en France jusqu’en 2024 ». Cette concession borne la thèse à 2025-2026. La décomposition identifie les bons canaux et livre au lecteur la clef de 2025 : l’anticipation des dividendes en 2024, avant la contribution différentielle, puis leur chute, que l’Insee confirme. Les pertes par métier sont conformes à l’étude de l’Insee, l’exclusivité du calcul est déclarée et chaque infographie est sourcée, ce qui permet au lecteur de confronter le texte à ses propres données.

Cette confrontation révèle le premier défaut majeur, sur l’ampleur. De la rareté de deux reculs consécutifs, l’article tire, par un « donc », « une troisième période historique de la même ampleur ». Sa propre infographie indique −1,7 % en 1984 et en 2013, contre −0,7 % en 2025 et en 2026 : chacune des années de creux antérieures dépasse à elle seule le recul cumulé actuel de −1,4 %. Le mot « historique » glisse ainsi de la rareté, vérifiable, vers une intensité (« chute », « rupture violente ») que les chiffres publiés ne soutiennent pas. Ces valeurs n’ont pu être contrôlées sur la série actuelle de l’Insee : le constat repose sur ce que l’article publie. Corrigée en « troisième période de reculs consécutifs, d’ampleur moindre que les deux précédentes », la qualification de crise historique se maintient au sens de la rareté, mais sa prétention est nettement affaiblie : elle désigne un épisode rare d’ampleur modérée.

Le deuxième défaut majeur concerne 2026, que le corps du texte et une note d’infographie présentent comme une prévision ; le titre (« les familles ont perdu ») et le chapeau (« le pouvoir d’achat baisse deux années de suite ») l’énoncent comme un fait, et la prévision entre sans mention dans le chiffre de 1 200 euros. L’analyse y voit, avec une confiance moyenne, une rétractation modale directionnelle : la prudence n’apparaît qu’à l’endroit où une affirmation datée serait vérifiable, la compression des titres relevant toutefois aussi d’une convention du genre. Ramenée au degré probable, que justifient les neuf mois écoulés et la prévision concordante de l’Insee, la thèse devient un recul mesuré en 2025 et un second recul probable en 2026 : moins certaine, de même nature, elle reste intacte.

Le troisième défaut majeur tient au passage de l’agrégat aux « familles ». Le chiffre de titre convertit pour un ménage type la variation d’une moyenne, alors que l’article expose lui-même que les revenus du patrimoine vont « essentiellement » aux ménages aisés et qu’ils ont chuté en 2025 ; selon l’Insee, ils contribuent pour −0,9 point au recul de 0,4 % du pouvoir d’achat de l’ensemble des ménages cette année-là. Le signe de l’évolution pour un ménage médian n’est pas établi par la moyenne. L’année de référence, 2024, est celle que le texte décrit comme gonflée par les dividendes ; sur une base 2023, ou 2019 comme pour les salaires, le niveau de 2026 serait supérieur de 0,8 % et de 3,4 % respectivement : le signe de la « perte » dépend de la base, changée sans être signalée. La réserve sur les « agrégats macroéconomiques » est appliquée aux gains de 2020-2021 et manque pour les pertes de 2025-2026. La conclusion sur le pouvoir d’achat agrégé se maintient ; l’affirmation sur les familles perd sa généralité, puisqu’elle ne décrit plus ce qu’une famille type a perdu en 2025. L’analyse précise qu’elle ne récuse pas l’indicateur et reconnaît le risque d’avoir pris la décomposition de 2025 pour arbitre des causes, l’article portant aussi sur 2026. La méthode de l’IFE, non publiée, ne permet pas de savoir quelle part de prévision contient le chiffre, limite sans effet sur la gravité des deux derniers défauts.

Des écarts mineurs laissent la conclusion centrale inchangée. Le recul des salaires réels de « plus de 2 % » n’est pas réconcilié avec le graphique de l’article, où les salaires réels remontent depuis 2023 ; le mouvement serait « similaire à travers l’ensemble du monde occidental », alors que l’OCDE ne le constate que dans 13 des 37 pays analysés ; l’épargne n’atteint pas, selon l’Insee, « un niveau jamais enregistré » ; des données distributives portant sur 2019-2024 servent à désigner les perdants du recul actuel. Deux informations accessibles manquent : la productivité du travail, inférieure fin 2025 à son niveau de 2019 selon l’Insee, qui ferait tomber le jugement « Ce n’est pas normal » porté sur la stagnation salariale ; les prévisions de l’Insee et de l’OFCE, qui annoncent une stagnation des salaires réels en 2026 là où le texte écrit « un recul des salaires ». Ces omissions stratégiques ne sont pas structurantes : le fait central en sort intact.

Les sources, toutes institutionnelles (IFE, Insee, Crédoc, OCDE), ne contestent pas le diagnostic, et l’IFE fournit la prévision, le calcul et l’essentiel de l’interprétation. L’analyse relève aussi une asymétrie d’exigence : l’article corrige le discours ambiant au nom des données pour la période close, puis relâche cette exigence en faveur de la lecture pessimiste de la période en cours, sans reconnaître ni justifier cette différence. Au regard de la prévision donnée pour un fait et de l’ampleur démentie, la formule « une réalité statistique » fonctionne en partie comme un dispositif d’auto-légitimation, qui place sous l’autorité de la statistique des qualifications que la statistique publiée par l’article ne porte pas ; cet écart ne permet aucune conclusion sur la sincérité de l’auteur.

Avec une confiance moyenne, que tempèrent les conventions du genre, l’analyse prête à l’article l’intention de fournir au débat de campagne un chiffre de référence et un diagnostic d’intensité, et de poser le journal en arbitre statistique. L’écart entre ce but inféré et le but déclaré, expliquer, éclaire l’orientation commune des trois défauts majeurs vers l’intensité, sans réfuter le fait central.

Après correction, il subsiste un constat solide et plus modeste : un recul mesuré du pouvoir d’achat moyen en 2025, un second recul probable en 2026, rare dans la série depuis 1960 et d’ampleur moindre que les épisodes antérieurs, dont le mécanisme, des salaires réels qui stagnent et des compensations qui disparaissent, reste valable, et dont la baisse de 2025 tient principalement au repli des dividendes. Comme information, le cœur de l’article tient ; comme démonstration d’une crise « historique » au sens de l’ampleur, il échoue sur ses propres graphiques. Aucun défaut n’est rédhibitoire.

L’analyse classe l’article au niveau 2 d’une échelle allant de 0, information ouverte, à 4, propagande verrouillée : plaidoyer ou journalisme engagé, près de la limite avec le niveau 1. Ce niveau est atteint parce que le texte défend activement l’intensité de son diagnostic : il écarte d’avance l’objection d’hyperbole, infère une équivalence d’ampleur que ses données ne portent pas et sélectionne ses éléments dans le même sens. Le niveau 3 ne l’est pas : chaque mécanisme de fermeture opère sur un seul point et aucun ne retire de l’article les éléments nécessaires pour reconstruire l’objection correspondante. Un lecteur attentif peut contredire le texte avec ses seuls graphiques.

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Analyse ARGUS V5.1.0 : « La France traverse une crise du pouvoir d’achat historique : depuis 2024, les familles ont perdu 1 200 euros en moyenne »

Réalisée le 30 septembre 2026

Source : Le Monde (lemonde.fr), rubrique Économie, 30 septembre 2026
Auteur : Eric Albert
Objet exact analysé : article web « La France traverse une crise du pouvoir d’achat historique : depuis 2024, les familles ont perdu 1 200 euros en moyenne », lemonde.fr, daté du 30 septembre 2026, transmis par l’utilisateur sous forme d’impression PDF de douze pages (générée le 30 septembre 2026 à 10 h 21). L’objet comprend le titre, le chapeau, une photographie légendée, le corps du texte avec trois intertitres, cinq infographies (titres, notes et sources), dix-sept liens hypertextes vers d’autres pages du Monde (treize dans le corps du texte), un encart de lettre d’information, un renvoi à la série « A l’euro près », un encadré « Pour approfondir » et la mention « Réutiliser ce contenu ». Aucune autre version du texte n’est signalée.
Lien de l’objet analysé : La France traverse une crise du pouvoir d’achat historique : depuis 2024, les familles ont perdu 1 200 euros en moyenne

URL portée par le document fourni (en-tête et lien intégré au PDF), non consultée en ligne.

Protocole : ARGUS V5.1.0

Mode : intégral

Révision du wrapper : 1.0.0

Modèle : Anthropic Claude ; identifiant configuré de la session : claude-opus-5-5 (Opus 5.5) ; le modèle effectivement servi peut différer

Version / build du modèle : Opus 5.5

Intensité de raisonnement : Extra
Hôte : Claude (Cowork), session cloud rattachée au projet « Argus FVA »

Régime d’exécution : wrapper

Date de l’analyse : 2026-09-30

Périmètre : périmètre égal au texte complet — l’article défend de bout en bout une thèse explicite (une crise du pouvoir d’achat « historique », chiffrée pour les familles) et chacune de ses sections, infographies comprises, en établit un élément : ampleur, causes, répartition, réactions ; les encarts d’interface du site ne sont pas des sections du texte

Annexes activées : 2 (signifiants vides, terme « historique » ; point de contrôle positif à l’étape 2) et 4 (contrôle arithmétique et statistique ; chiffres porteurs déclarés en 3.B). Annexe 3 non activée : un seul texte, aucune pièce jointe.

Contrôles externes aboutis : 9 — C1 recul de 0,7 % du pouvoir d’achat par UC en 2025 ; C2 progression de 2,5 % en 2020-2021 ; C3 rôle des revenus du patrimoine en 2024 et 2025 ; C4 statut et corroboration de la baisse annoncée pour 2026 ; C5 nature de l’Institut français d’économie ; C7 taux d’épargne « jamais enregistré » et valeur de 17,3 % ; C8 productivité du travail depuis 2019 ; C11 étude Insee sur 343 professions ; C12 prévisions de salaire réel pour 2026

Contrôles externes partiels : 3 — C6 chômage ; part établie : 8,3 % au deuxième trimestre 2026 ; part non établie : le point bas de « 7,2 % début 2023 », la publication d’époque de l’Insee donnant 7,1 %, la série révisée n’ayant pas été consultée. C9 salaires réels dans l’OCDE ; part établie : les salaires réels sont inférieurs à leur niveau du premier trimestre 2021 dans 13 des 37 pays analysés, et de plus de 2 % en Australie, en Italie et en Suède notamment ; part non établie : les valeurs chiffrées pour la Suède, l’Australie, l’Espagne, la zone euro et les États-Unis. C10 épisodes antérieurs de recul ; part établie : dans la publication de l’Insee de juin 2014, le pouvoir d’achat par UC recule de 1,5 % en 2012 et de 0,6 % en 2013 ; part non établie : les valeurs de la série actuelle (base 2020), dont le « −1,7 % en 2013 » de l’infographie, et l’unicité des deux épisodes depuis 1960

Contrôles externes infructueux : 0

Signal de proportionnalité : douze contrôles pour un seul objet, au-delà de la dizaine que 3.B désigne comme seuil d’alerte. Quatre portent sur les chiffres dont dépend la thèse (C1, C3, C4, C10), deux sur l’identité et la fidélité des sources nommées (C5, C11), un sur la généralisation internationale (C9), deux sur l’accessibilité d’informations absentes (C8, C12), trois sur des chiffres porteurs secondaires (C2, C6, C7). Non contrôlés : la hausse des prix de 21,3 % et celle des salaires de 18,7 % (mesures non précisées par le texte), la part de 45 % des marques de distributeur, le baromètre du Crédoc, les pistes budgétaires pour 2027, le salaire médian de 2 200 euros, les deux infographies sur les dépenses contraintes et la pauvreté, la structure actionnariale du Monde.

En bref (synthèse d’analyse)

L’article établit, avec des chiffres exacts de l’Insee, un fait rare, un second recul annuel consécutif du pouvoir d’achat par unité de consommation, déjà mesuré pour 2025 et prévu pour 2026 par deux prévisionnistes ; il en porte l’intensité au-delà de ce que ses propres données soutiennent (une « même ampleur » que 1984 et 2013 que son graphique dément, une prévision présentée en titre comme une perte acquise, un agrégat moyen dont la baisse de 2025 tient d’abord aux dividendes, converti en perte « des familles »), tout en laissant au lecteur, dans ses graphiques et ses paragraphes sur les dividendes, les éléments qui permettent de rectifier : niveau 2, plaidoyer / journalisme engagé, près du seuil inférieur, d’origine journalistique.


Étape 0 — Test préalable de pertinence

Contrôle d’intégrité

État du document : complet. Douze pages numérotées 1/12 à 12/12. Titre, chapeau, photographie légendée, corps de texte continu avec trois intertitres (« Une chute historique des salaires réels », « Des compensations qui ont disparu », « La petite classe moyenne frappée de plein fouet »), cinq infographies légendées et sourcées. Le dernier paragraphe se clôt sur une phrase complète (« les habitudes pourraient changer »), suivie du renvoi à la série, de l’encadré « Pour approfondir » et de la mention « Réutiliser ce contenu ». La mention « Article réservé aux abonnés » porte sur l’article lié en fin de page. Aucune phrase interrompue, aucun renvoi interne à un développement absent. Plusieurs pages comportent des blancs dus à la mise en page de l’impression, sans rupture de texte.

Conséquence éventuelle : aucune.

0.a — Pertinence argumentative

Pertinence : forte.

Justification : le texte défend une thèse explicite (« La France traverse […] une crise du pouvoir d’achat historique. Ce n’est pas une figure de style, mais une réalité statistique »), cherche à en convaincre le lecteur contre une objection anticipée, et organise faits, chiffres et citations au service de cette conclusion ; les trois critères centraux sont remplis, avec un dispositif de cadrage identifiable (titre, chapeau, photographie). La qualification partielle par composition a été examinée et écartée : les sections explicatives (salaires, compensations, répartition) et la section sur les réactions des ménages (« Ce choc a provoqué deux réactions profondes ») sont ordonnées à la thèse et en établissent chacune un élément ; aucune n’est didactique ou documentaire indépendamment d’elle.

0.a bis — Périmètre

Décision de périmètre : texte complet traité comme un tout argumentatif, parce que chaque section et chaque infographie sert la démonstration de la crise, de ses causes ou de ses effets.

Périmètre ARGUS : titre, chapeau, photographie et légende, corps de texte, intertitres, cinq infographies (titres, notes, sources), phrase de renvoi à la série. Les liens hypertextes sont examinés comme appareil de sourcing (3.I) ; le contenu des pages liées n’est pas analysé.

Hors périmètre : aucune section de l’article. L’encart « Le regard du « Monde » sur l’actualité économique du jour », l’encadré « Pour approfondir » et la mention « Réutiliser ce contenu » sont des éléments d’interface du site ; ils sont relevés en 0.e comme indices du modèle économique.

Régime des sections exclues : sans objet.

0.b — Genre et contrat de lecture

Genre : reportage / article de presse, sous la forme d’un article d’analyse économique qui s’appuie sur des statistiques publiques, un calcul exclusif (« réalisés pour Le Monde ») et des citations d’économistes.

Contrat de lecture : l’article, signé, publié en rubrique Économie et inscrit dans une série (« A l’euro près »), promet d’informer et d’expliquer (« le phénomène est plus compliqué qu’il n’y paraît et mérite d’être décortiqué »). Il intègre des jugements en voix d’auteur (« la situation est exceptionnelle », « Pour les ménages, il s’agit d’une rupture violente », « Ce n’est pas normal »). Le lecteur reçoit une information chiffrée assortie d’un diagnostic d’intensité, sous un contrat de presse d’information.

0.c — Norme de preuve

« Pour ce texte (article de presse d’analyse économique), je considère comme étayage interne suffisant : une donnée chiffrée attribuée à une institution identifiable, avec sa période et son champ ; une prévision signalée comme telle ; une citation attribuée à une personne nommée dont la fonction est donnée ; une cohérence entre le texte et les infographies qu’il publie. Les chiffres sans source, sans période ou sans champ, et les prévisions présentées comme des mesures, seront signalés comme non étayés. »

Contrat performatif : norme prescrite par le texte. En écrivant « Ce n’est pas une figure de style, mais une réalité statistique », et en corrigeant « le discours ambiant » au nom des données (« contrairement au discours ambiant, le pouvoir d’achat a bien résisté en France jusqu’en 2024 »), l’article se soumet lui-même à une norme statistique : ses qualifications (« historique », « de la même ampleur », « jamais ») doivent être conformes aux séries qu’il invoque. Cette norme sert de référence en 3.H.

0.d — Audit des sources

  • Mathieu Plane : économiste à l’Institut français d’économie (IFE), institut présenté comme « créé à l’été, fusion de l’Observatoire français des conjonctures économiques et du Centre d’études prospectives et d’informations internationales » (contrôlé en C5). Deux citations ; auteur de la prévision pour 2026 (source de la première infographie) et des calculs « réalisés pour Le Monde » (1 200 et 600 euros). Coauteur, à l’OFCE, de la prévision d’avril 2026 qui annonçait déjà un recul de 0,7 % en 2026 (C4).
  • Raul Sampognaro : IFE. Trois citations (dont le principe liant productivité et salaires) et deux propos rapportés (épisode « plus douloureux » que les précédents ; recul des salaires réels de « plus de 2 % » par rapport au quatrième trimestre 2019).
  • Stéphane Carcillo : « de l’Organisation de coopération et de développement économiques », sans fonction précisée. Deux citations et un propos rapporté (comparaisons internationales en discours indirect).
  • Insee : série du pouvoir d’achat par unité de consommation depuis 1960 ; baisse des salaires réels « pas enregistrée depuis les années 1983-1985 » ; étude sur 343 professions ; sources de quatre infographies.
  • OCDE, « Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2026 » : source de l’infographie sur les salaires réels (C9).
  • Crédoc, Franck Lehuédé, « directeur d’études » ; le Crédoc est présenté comme « cabinet d’expertises économiques qui réalise depuis des décennies un baromètre de la consommation », désignation non contrôlée ici. Cinq citations et un propos rapporté ; une donnée de baromètre (« les deux tiers des répondants »).
  • Affirmations sans source nommée : hausse des prix de 21,3 % et des salaires de 18,7 % depuis 2019 ; masse salariale +4 % ; chômage à 7,2 % puis 8,3 % (lien vers un article du Monde) ; taux d’épargne ; part de 45 % des marques de distributeur ; pistes budgétaires du gouvernement pour 2027 ; soutien aux « grands rouleurs » ; préoccupations des Français.

Diversité : instituts publics ou para-publics de recherche économique et de statistique (IFE, Insee, Crédoc) et une organisation internationale (OCDE). Aucune voix du gouvernement, des partis, des organisations patronales ou syndicales, d’un institut privé de conjoncture, ni de ménages cités (la photographie et l’article lié en fin de page tiennent lieu de témoignage).

Sources contradictoires : aucune source ne conteste le diagnostic. La seule inflexion contradictoire est celle de l’auteur, qui corrige le « discours ambiant » sur la période antérieure à 2024.

Qualification des sources : affiliation donnée pour les économistes de l’IFE, avec la nature de l’institut ; fonction absente pour M. Carcillo ; la prévision et le calcul exclusif sont attribués à l’IFE sans méthode.

Risque de généralisation depuis un échantillon restreint : la prévision pour 2026 et le chiffre de 1 200 euros proviennent d’un seul institut, dont deux économistes fournissent aussi l’essentiel du commentaire interprétatif ; une prévision indépendante (Insee) va dans le même sens, mais le texte ne la cite pas (C4). Les comportements de consommation reposent sur un seul interlocuteur.

0.e — Contexte de production

Éditeur / média : Le Monde, quotidien national, édition numérique, rubrique Économie.

Modèle économique : abonnement et publicité, d’après les indices de la page (encart de lettre d’information, lien vers un article « réservé aux abonnés », page de syndication « Réutiliser ce contenu »). La structure actionnariale n’a pas été contrôlée dans la présente analyse.

Liens avec parties prenantes : aucun lien apparent avec les acteurs politiques de la campagne évoquée. Le chiffre de titre provient de calculs de l’IFE « réalisés pour Le Monde » : relation de commande ou d’exclusivité entre le média et sa source principale, signalée par le texte. L’IFE est un centre de recherche « placé sous l’égide de Sciences Po, indépendant et non partisan », dont la gouvernance associe « les principales institutions économiques de l’État » (C5) ; le texte n’en dit rien, et rien n’indique que ce point pèse sur le chiffre.

Transparence dans le texte : article signé et daté ; l’exclusivité du calcul est déclarée ; le caractère prévisionnel du chiffre 2026 figure dans le corps (« en passe de ») et en note de l’infographie (« Prévisions pour 2026 ») ; le titre et le chapeau ne le mentionnent pas.

0.f — Public cible, public réel, contrat de crédibilité

  • Public affiché : lecteurs de la rubrique Économie et de la série « A l’euro près » ; aucun public n’est nommé.
  • Public réel probable : lectorat francophone informé, abonnés, milieux économiques, politiques et médiatiques, relais sur les réseaux sociaux.
  • Public stratégique : acteurs et électeurs de la campagne électorale qui s’ouvre (« La France entre en campagne électorale »), auxquels l’article fournit un chiffre de référence (1 200 euros) et un diagnostic (« historique »).
  • Public repoussoir : aucun n’est disqualifié. Le « discours ambiant » est corrigé sur la période antérieure à 2024, sans être attribué ni tourné en dérision.

Codes de crédibilité attendus : statistique publique, séries longues, sources nommées, graphiques sourcés, distinction entre mesure et prévision, distinction entre agrégat et situation des ménages, nuance distributive.

Signes qui feraient paraître le texte peu crédible à ce public : un écart visible entre le texte et ses graphiques, une prévision donnée pour un fait, un vocabulaire d’intensité non chiffré.

Nuances, objections, concessions : « contrairement au discours ambiant, le pouvoir d’achat a bien résisté en France jusqu’en 2024 » ; « il s’agit d’agrégats macroéconomiques, cela n’a évidemment pas été le cas de tous les foyers » (à propos de 2020-2021) ; « Tous les ménages n’ont pas été touchés de la même manière » ; « Du moins jusqu’à présent ».

Objections probables du public : (a) le recul actuel (−0,7 % par an) est moindre que ceux de 1984 et 2013 (−1,7 %), que l’article affiche lui-même ; (b) l’année 2026 n’est pas achevée ; (c) un agrégat moyen par unité de consommation, dont la baisse de 2025 tient aux dividendes, ne décrit pas une famille type ; (d) les salaires réels remontent depuis 2023 ; (e) un taux d’épargne de 17 à 18 % signale des marges chez une partie des ménages. Le texte affronte (e) en la présentant comme paradoxe, touche (b) et (c) sans en tirer la conséquence, n’affronte ni (a) ni (d).


Étape 1 — Dispositif d’ouverture

Segment d’ouverture retenu : titre, chapeau, photographie et légende, trois premiers paragraphes.

  1. Présupposés non démontrés : (a) que l’évolution du revenu disponible brut moyen par unité de consommation, grandeur macroéconomique, mesure ce que « les familles ont perdu » ; (b) que le second recul, celui de 2026, est acquis (titre au passé composé, chapeau au présent : « le pouvoir d’achat baisse deux années de suite ») ; (c) que la rareté d’un recul sur deux années consécutives suffit à qualifier une « crise […] historique » ; (d) que la campagne électorale est le cadre pertinent de lecture (« La France entre en campagne électorale alors qu’elle traverse… »).
  2. Disqualifications préventives : « Ce n’est pas une figure de style, mais une réalité statistique » écarte d’avance l’objection d’hyperbole, sans que quiconque soit nommé comme la soutenant. La position ainsi écartée n’est pas reconstruite : son meilleur argument, l’écart d’ampleur avec 1984 et 2013 que montre la première infographie, n’est pas mentionné.
  3. Périmètre du dicible : le cadrage rend possibles les questions des causes (salaires, emploi, transferts, patrimoine), de la répartition et des réactions des ménages. Il rend moins envisageables trois questions : l’ampleur relative du recul actuel ; la représentativité de l’agrégat pour un ménage type ; le choix de 2024 comme année de référence, alors que le texte décrit plus loin cette année comme gonflée par des dividendes anticipés. Dans le troisième paragraphe, une contrainte de politique publique est posée comme donnée : « la lourde dette française, qui limite fortement les marges de manœuvre de l’Etat ».
  4. Marqueurs d’autorité : instances identifiables et non floues (Insee, « depuis 1960 » ; IFE, « calculs […] réalisés pour Le Monde » ; économistes nommés). La formule « une réalité statistique » convoque l’autorité de la statistique pour clore la discussion sur la qualification elle-même.
  5. Positionnement implicite de l’auteur : arbitre statistique, qui corrige à la fois le soupçon d’hyperbole (« pas une figure de style ») et, plus loin, le « discours ambiant » ; détenteur d’un chiffre exclusif.
  6. Programme annoncé : le chapeau annonce un mécanisme (salaires réels en baisse depuis 2019, compensations jusqu’en 2024, fin des compensations en 2025 et 2026) et un fait (deux baisses consécutives, « ce qui n’est arrivé que deux fois depuis 1960 ») ; le quatrième paragraphe annonce une méthode : le phénomène « mérite d’être décortiqué ».

La photographie (« La cantine solidaire du quartier de Rochebelle, à Alès (Gard) », convives pour la plupart âgés) associe le titre à une scène d’aide alimentaire. Le corps du texte écrit que « Les plus pauvres ont été relativement protégés » et que les retraites ont progressé « plus vite que les salaires ». Note descriptive : l’image et le corps ne portent pas sur la même population ; cette discontinuité est localisée ici sans imputation.


Étape 2 — Reconstruction neutre de l’argumentation

Thèse centrale : la France traverse une crise du pouvoir d’achat historique : le pouvoir d’achat par unité de consommation a reculé de 0,7 % en 2025 et est en passe de reculer de 0,7 % en 2026, deux baisses consécutives qui ne se sont produites que deux fois depuis 1960, pour une perte de 1 200 euros pour une famille de deux adultes et deux enfants ; la cause en est que les salaires réels ont baissé depuis 2019 sous l’effet de l’inflation, baisse longtemps compensée par l’emploi, les transferts sociaux et les revenus du patrimoine, compensations qui disparaissent en 2025-2026.

Cheminement argumentatif :

  1. Fait : −0,7 % en 2025, −0,7 % en passe de l’être en 2026 ; deux précédents (1983-1984, 2010-2013) ; d’où « une troisième période historique de la même ampleur » ; chiffrage IFE : 1 200 euros pour une famille, 600 pour un adulte seul.
  2. Aggravation : épisode « plus douloureux » que 1983 (absence de croissance préalable) ; perspectives « sombres » (dette, réduction du déficit, contexte inflationniste).
  3. Mise au point : le pouvoir d’achat a « bien résisté » jusqu’en 2024, « contrairement au discours ambiant » ; les salaires réels, eux, ont baissé (prix +21,3 %, salaires +18,7 % depuis 2019).
  4. Salaires réels : enrichissement agrégé en 2020-2021 (+2,5 %) ; puis inflation, salaires en recul de plus de 2 % par rapport à fin 2019, baisse inédite depuis 1983-1985 ; mouvement « similaire à travers l’ensemble du monde occidental » ; « rupture violente », « Ce n’est pas normal ».
  5. Compensations : l’emploi (masse salariale +4 %) jusqu’en 2024, qui s’inverse (chômage de 7,2 % à 8,3 %) ; les transferts (indexation des retraites, suppression de la taxe d’habitation et de la redevance, prime d’activité), que la dérive budgétaire interrompt ; les revenus du patrimoine, gonflés en 2024 par l’anticipation de la contribution différentielle, qui chutent en 2025 et stagnent en 2026 ; d’où « le pouvoir d’achat va mécaniquement souffrir ».
  6. Répartition : plus pauvres protégés par le smic, plus aisés par la Bourse, « petite classe moyenne » perdante (étude Insee sur 343 professions, 2019-2024) ; périurbains modestes les plus touchés.
  7. Réactions : épargne record, consommation transformée (marques de distributeur, restrictions alimentaires, arbitrages en faveur du loisir) ; une troisième année de baisse en 2027 « pourrait » changer les habitudes.

Carte modale des propositions portantes :

P1 — le pouvoir d’achat par UC a reculé de 0,7 % en 2025 : P assertorique à chaque occurrence (chapeau, premier paragraphe, infographie). Degré constant.

P2 — le pouvoir d’achat par UC recule une seconde fois en 2026 : titre, P assertorique (« depuis 2024, les familles ont perdu 1 200 euros », perte qui inclut 2026) ; chapeau, P assertorique (« En 2025 et 2026, ce n’est plus le cas. Conséquence : le pouvoir d’achat baisse deux années de suite ») ; premier paragraphe, P probable (« il est en passe de chuter une deuxième fois de 0,7 % ») ; deuxième paragraphe, P assertorique (« Deux reculs du pouvoir d’achat sur deux années consécutives : la situation est exceptionnelle ») ; troisième paragraphe, P assertorique (« La France traverse donc actuellement une troisième période historique ») ; infographie, P probable (« * Prévisions pour 2026 ») ; dernier paragraphe, P assertorique présupposé (« Si une troisième année de baisse du pouvoir d’achat se concrétise en 2027 »). Degré variable, polarité et référent constants.

P3 — l’épisode actuel est de même ampleur que les deux précédents : troisième paragraphe, P assertorique ; occurrence unique.

P4 — les salaires réels ont baissé depuis 2019 : chapeau, corps, intertitre et titre d’infographie, P assertorique. Degré constant.

P5 — les compensations disparaissent en 2025-2026 : P assertorique pour 2025 ; « L’année 2026 s’annonce plate » (probable) porte sur les seuls revenus du patrimoine ; les pistes budgétaires pour 2027 portent sur un autre référent. Pas de variation à référent constant.

Seule P2 varie en degré d’engagement ; elle est reprise au contrôle de constance modale de l’étape 6.

Point de contrôle de l’annexe 2 : deux termes décisifs examinés.

  • « historique » (dans « crise du pouvoir d’achat historique », « troisième période historique », « Une chute historique des salaires réels », « Un phénomène là encore historique »). Test de définition : négatif ; le texte fournit un critère d’application, deux reculs annuels consécutifs de la série de l’Insee, qui ne se sont produits que deux fois depuis 1960 (et, pour les salaires, une baisse inédite depuis 1983-1985). Test de frontière : délimitation restrictive, la rareté d’un recul sur deux années consécutives : la conclusion tient, sous réserve de la réalisation de 2026. Délimitation extensive, compatible avec l’usage du texte, qui écrit « de la même ampleur » et associe le terme à « chute », « choc » et « rupture violente » : une crise d’une ampleur comparable aux épisodes les plus sévères de la série ; sous cette délimitation, la conclusion tombe, la première infographie montrant −0,7 % par an contre −1,7 % en 1984 et en 2013. La conclusion tient sous l’une et tombe sous l’autre : test positif.
  • « crise » : pas de définition distincte ; le texte en fixe le bord par le même critère que « historique ». Traité avec lui dans l’annexe.

Décision : annexe 2 activée pour « historique ». Le test de frontière est seul positif, ce qui suffit à l’activation selon le protocole : une définition fournie n’immunise pas un terme dont la portée décide de la conclusion.


Annexe 2 — Analyse des signifiants vides
  • Terme « historique » Repérage : titre, première phrase, troisième paragraphe (« troisième période historique de la même ampleur »), intertitre « Une chute historique des salaires réels », paragraphe sur l’Insee (« Un phénomène là encore historique »). Positions stratégiques : ouverture, transition vers la section des salaires. Statut : mixte. Plein là où le texte l’adosse à son critère de fréquence (deux reculs consécutifs, deux précédents depuis 1960 ; baisse des salaires réels inédite depuis 1983-1985). Élargi là où il glisse vers l’ampleur : « de la même ampleur », « chute », « rupture violente », « choc sans précédent dans l’histoire récente ». Fonction : suggérer une gravité que le critère de fréquence ne mesure pas ; produire, en ouverture de campagne électorale, un effet d’urgence. Le critère de fréquence fournit la vérité de la proposition, la connotation d’ampleur lui fournit sa force. Écart avec un usage plein : le texte emploie lui-même le terme au sens plein (rareté) dans le même paragraphe où il ajoute l’équivalence d’ampleur, que ses données démentent (3.B, annexe 4). Le déplacement se lit dans l’objet. Impact : moyen. La thèse de rareté tient sans le glissement ; la qualification de « crise historique », avec sa charge d’intensité, dépend du flou entre les deux délimitations.

Étape 3 — Examen critique systématique

Rappel de la norme de preuve : donnée chiffrée attribuée avec période et champ ; prévision signalée comme telle ; citation attribuée ; cohérence entre texte et infographies (0.c). Contrat performatif : les qualifications du texte doivent être conformes aux séries qu’il invoque (« une réalité statistique »).

A. Validité logique

Du critère de fréquence à l’équivalence d’ampleur. « Deux reculs du pouvoir d’achat sur deux années consécutives : la situation est exceptionnelle. […] La France traverse donc actuellement une troisième période historique de la même ampleur. » Le connecteur « donc » tire une égalité d’ampleur d’un constat de fréquence. La prémisse (deux reculs consécutifs, rares) n’implique pas la conclusion (ampleur égale), et la première infographie de l’article la contredit (contrôle interne ci-dessous).

De l’agrégat à « les familles ». Le chiffre de titre convertit en perte pour « une famille de deux adultes et deux enfants » la variation d’un ratio d’agrégats, le revenu disponible brut des ménages divisé par le nombre d’unités de consommation. Le texte expose lui-même les deux éléments qui rendent cette conversion problématique pour 2025 : les revenus du patrimoine vont « essentiellement [aux] ménages aisés », et « les dividendes, en 2025, ont baissé, et les revenus du patrimoine ont nettement chuté cette année-là ». Il n’en tire aucune conséquence pour le chiffre attribué aux familles. Selon l’Insee, ces revenus contribuent pour −0,9 point au recul de 0,4 % du pouvoir d’achat en 2025 (C3). Inférer d’une moyenne dominée par une composante concentrée en haut de la distribution une perte « des familles » est un saut de l’agrégat au ménage type.

Hiérarchie causale du chapeau. « Depuis 2019, les salaires réels sont en baisse […] mais les transferts sociaux et les revenus du patrimoine ont longtemps compensé. En 2025 et 2026, ce n’est plus le cas. » Pour 2025, le facteur principal identifié par l’Insee est le contrecoup des dividendes (C3) ; le chapeau place les salaires en tête. Le corps donne les éléments, sans les pondérer. La décomposition varie en outre d’un paragraphe à l’autre : « La différence entre le pouvoir d’achat, qui a tenu, et les salaires réels en baisse, vient des transferts sociaux […] et des revenus du patrimoine » (deux facteurs), puis « Jusqu’en 2024, il a été compensé par une hausse de l’emploi » (un troisième).

Enthymème de la productivité. « Ce n’est pas normal : « Une économie qui gagne en productivité devrait s’accompagner d’une hausse de salaires » ». Le jugement « pas normal » suppose une prémisse non énoncée, que l’économie française gagne en productivité. Cette prémisse n’est pas établie dans le texte, et l’Insee la contredit pour la période considérée (C8, 3.E).

Contradiction sur les salaires réels. « selon l’Insee, une baisse des salaires réels n’avait pas été enregistrée depuis les années 1983-1985 », puis, deux paragraphes plus loin : « Jamais ils n’avaient reculé ni même stagné. » La seconde phrase porte sur des moyennes décennales (+1,5 % par an dans les années 1980), la première sur des années ; telles qu’elles sont écrites, les deux phrases se contredisent.

Projection pour 2026. « Cette année, l’impact sur le pouvoir d’achat sera donc double : un recul des salaires, et moins de salariés. » Le « donc » s’appuie sur la hausse du chômage ; le recul des salaires réels en 2026 n’est étayé par aucun élément du texte, et les deux prévisions publiques disponibles annoncent leur stagnation (C12).

Déplacement temporel de la répartition. La section « La petite classe moyenne frappée de plein fouet » s’appuie sur l’étude Insee « Entre 2019 et 2024 », période sur laquelle le texte a écrit que le pouvoir d’achat « a bien résisté ». Les perdants de la période 2019-2024 servent à désigner ceux du recul de 2025-2026, sans donnée sur la répartition de cette dernière.

B. Solidité empirique

Vérifications externes : on sort ici du périmètre strict du texte ; chaque contrôle porte sur l’objet déclaré en tête et le texte original ne contenait pas l’information de contrôle.

  • C1 — Recul de 0,7 % du pouvoir d’achat par UC en 2025. Statut : abouti. Mode : recherche externe. Insee Première n° 2105, 29 mai 2026 S1 : le pouvoir d’achat par unité de consommation « baisse de 0,7 % » en 2025, après une « hausse de 2,2 % » en 2024 ; le pouvoir d’achat de l’ensemble des ménages « se replie de 0,4 % après une hausse de 2,7 % ». Corroboré.
  • C2 — Progression de 2,5 % en 2020 et 2021. Statut : abouti. Mode : recherche externe. Insee, chiffres clés « Revenu disponible brut et pouvoir d’achat », 29 mai 2026 S2 : −0,3 % en 2020, +2,8 % en 2021, soit +2,49 % sur les deux années (calcul de l’analyste). Corroboré. La même source donne −0,3 % en 2022.
  • C3 — Rôle des revenus du patrimoine en 2024 et 2025. Statut : abouti. Mode : recherche externe. S1 : « les revenus du patrimoine contribuent pour −0,9 point en 2025 à la baisse du pouvoir d’achat alors qu’ils participaient pour 1,4 point à sa hausse de 2024 » ; les dividendes reçus augmentent de 13,9 milliards d’euros en 2024 et baissent de 10,5 milliards en 2025, un « contrecoup ». Relais de la synthèse de l’Insee S3 : le pouvoir d’achat par UC se replie « principalement sous l’effet d’un fort repli des dividendes versés aux ménages, contrecoup du bond enregistré en 2024 ». « presque la moitié du gain total » de 2024 : 1,4 point sur 2,7, soit 52 % (calcul de l’analyste), légère sous-estimation. Hors revenus du patrimoine, les autres composantes contribuent ensemble pour +0,5 point en 2025 (−0,4 − (−0,9), calcul sur les chiffres de la source).
  • C4 — Statut et corroboration de la baisse annoncée pour 2026. Statut : abouti. Mode : recherche externe. Insee, Note de conjoncture du 10 septembre 2026 S4 : « le pouvoir d’achat du RDB se contracterait (−0,4 %), comme en 2025 » ; la note ne donne pas la valeur par UC. OFCE, Mathieu Plane, Clémence Briodeau, Pierre Madec, 8 avril 2026 S5 : le pouvoir d’achat par UC « diminuerait de 0,7 % » en 2026 et « se stabiliserait (+0,1 %) » en 2027. Au 30 septembre, le recul de 2026 est une prévision, corroborée en direction par un prévisionniste indépendant de l’IFE.
  • C5 — Nature de l’IFE. Statut : abouti. Mode : recherche externe. CEPII, communiqué du 15 juillet 2026 S6 : l’IFE, créé le 1er juillet 2026, réunit l’OFCE et le CEPII ; « un centre de recherche placé sous l’égide de Sciences Po, indépendant et non partisan » ; présidé par Xavier Ragot. La description du texte (« un institut créé à l’été, fusion de… ») est corroborée.
  • C6 — Chômage. Statut : partiel. Mode : recherche externe. Insee, 7 août 2026 S7 : taux de chômage au sens du BIT de 8,3 % au deuxième trimestre 2026, « +0,7 point » sur un an. Pour le point bas, la publication de l’Insee du 17 mai 2023 S8 donne un taux « stable à 7,1 % » au premier trimestre 2023. Part établie : 8,3 %. Part non établie : 7,2 %, l’écart d’un dixième pouvant tenir à une révision de série que la présente analyse n’a pas consultée.
  • C7 — Taux d’épargne « à un niveau jamais enregistré jusqu’à présent ». Statut : abouti. Mode : recherche externe. Le taux d’épargne atteint 18,5 % en 2024 et 17,9 % en 2025 S1. Il était de 21,4 % en 2020 selon les comptes publiés en 2021 S9, et de 21 % en 1975 selon l’Insee (« passant de 21 % en 1975 à 11 % en 1987 ») S10. L’affirmation « jamais enregistré » est contredite : ces valeurs relèvent de bases de comptes antérieures, et elles suffisent à établir que des niveaux supérieurs ont été enregistrés. Le chiffre « 17,3 % » est la prévision de l’Insee pour l’ensemble de 2026 ; le taux observé au deuxième trimestre 2026 est de 17,2 % S4.
  • C8 — Productivité du travail depuis 2019. Statut : abouti. Mode : recherche externe. Contrôle entrepris pour qualifier une absence (3.E). Blog de l’Insee, Gaston Vermersch, 29 mai 2026 S11 : « la productivité du travail en France accuse fin 2025 un retard en niveau de 0,7 point par rapport à 2019 », et un écart de −4,3 points à sa tendance d’avant la crise sanitaire. Rexecode, Olivier Redoulès sur BFM Business, 11 octobre 2023 S12 : « la productivité a baissé donc les salaires moyens ont baissé ».
  • C9 — Salaires réels dans l’OCDE depuis 2021 ; « Le mouvement a été similaire à travers l’ensemble du monde occidental ». Statut : partiel. Mode : recherche externe. OCDE, Perspectives de l’emploi 2026, chapitre 1, 7 juillet 2026 S13 : « real wages remained below their Q1 2021 levels […] in about one‑third (13) of the 37 countries analysed » ; ils étaient inférieurs de plus de 2 % en Australie, Tchéquie, Danemark, Italie, Nouvelle-Zélande et Suède. Part établie : les baisses citées pour l’Italie, la Suède et l’Australie sont concordantes en direction et dépassent 2 % ; les 37 pays de l’infographie correspondent au champ du rapport ; les 24 autres pays analysés, près des deux tiers, ne sont pas en dessous de leur niveau de 2021. Part non établie : les valeurs de 5 % (Suède, Australie), de 2 % (Espagne, zone euro) et de 1,5 % (États-Unis) ; la note France du rapport n’a pu être consultée (accès refusé au robot).
  • C10 — Épisodes antérieurs de recul. Statut : partiel. Mode : recherche externe. La série complète de l’Insee depuis 1960 est annoncée S2 mais seules les années 2020-2025 sont affichées. Insee Première, 11 juin 2014 S14 : le revenu par unité de consommation « se contracte de 0,6 % » en 2013, après « −1,5 % en 2012 ». Part établie : dans le millésime de 2014, l’épisode des années 2010 comporte des reculs consécutifs, dont le plus fort, en 2012, dépasse le double du recul actuel. Part non établie : les valeurs de la base 2020, dont le « −1,7 % en 2013 » de l’infographie, qui place le creux un an plus tard que le millésime de 2014 ; l’unicité des deux épisodes depuis 1960.
  • C11 — Étude Insee sur 343 professions. Statut : abouti. Mode : recherche externe. Insee Références, édition 2026, « Entre 2019 et 2024, des évolutions salariales contrastées selon les métiers » S15 : le pouvoir d’achat du salaire net en équivalent temps plein « a progressé pour seulement 121 des 343 » professions ; −7,1 % pour les professions de l’information, des arts et du spectacle ; −4,3 % pour les ingénieurs et cadres techniques ; −3,3 % pour les professions intermédiaires administratives et commerciales des entreprises ; une catégorie d’enseignants à −5,3 %. Champ : « le secteur privé hors agriculture », hors fonctionnaires. L’étude souligne la protection des bas salaires par les revalorisations du smic.
  • C12 — Prévisions de salaire réel pour 2026. Statut : abouti. Mode : recherche externe. Contrôle entrepris pour qualifier une absence (3.E). Insee, 10 septembre 2026 S4, p. 15 : « les salaires réels […] stagneraient en 2026 et leur niveau de fin d’année demeurerait en deçà de celui de 2021 » ; les revenus d’activité, masse et emploi confondus, « reculeraient en termes réels pour la première fois depuis 1993 (hors crise sanitaire) ». OFCE, 8 avril 2026 S5 : salaire moyen par tête réel +1,0 % en 2025 et +0,0 % en 2026.

Contrôles internes à l’objet (non comptés dans les trois compteurs) : confrontation du texte à ses propres infographies.

  • Première infographie : −1,7 % en 1984, −1,7 % en 2013, −0,7 % en 2025 et en 2026. Chacune des deux années de creux antérieures dépasse, seule, le recul cumulé des deux années actuelles (−1,4 %, calcul de l’analyste sur les chiffres du texte). « de la même ampleur » est contredit par le graphique publié à côté. Le tracé montre trois années négatives consécutives (2011 à 2013) et une année 2010 positive, là où le texte écrit « de 2010 à 2013 » ; la lecture est faite à la résolution du tracé.
  • Deuxième infographie (salaire moyen réel par tête, branches marchandes non agricoles) : 107,8 au troisième trimestre 2019, 107,2 au quatrième trimestre 2025, soit −0,56 % par rapport au pic (calcul de l’analyste) ; le point du quatrième trimestre 2019 est tracé à un niveau voisin de celui de fin 2025. Le texte écrit : « Par rapport au quatrième trimestre 2019, ils restent en recul de plus de 2 % ». Les deux mesures ne sont pas réconciliées ; le texte ne dit pas quelle mesure ni quelle date sous-tendent le chiffre de 2 %. La courbe progresse continûment depuis 2023, alors que le chapeau écrit « les salaires réels sont en baisse ».
  • Troisième infographie (OCDE) : moyenne de l’OCDE +4,9 %, Royaume-Uni +3,6 %, Pays-Bas +1,6 %, Allemagne +0,9 %, France +0,1 %. Le texte cite six baisses et écrit que le mouvement a été « similaire à travers l’ensemble du monde occidental ». Le titre de l’infographie (« Le salaire réel stagne en zone euro ») et le texte (« de 2 % […] pour la moyenne de la zone euro ») divergent ; l’infographie ne montre pas la zone euro. États-Unis : −1,4 dans l’infographie, « 1,5 % » dans le texte.
  • Cinquième infographie : taux de pauvreté de 14,3 % (1996) à 15,4 % (2024), non commenté par le texte ; une hausse du taux de pauvreté relative indique que les bas niveaux de vie ont progressé moins vite que le niveau de vie médian, ce qui entre en tension avec « Les plus pauvres ont été relativement protégés » et « La petite classe moyenne […] a été la grande perdante ». Le texte ne traite pas cette tension. Les champs diffèrent (niveau de vie de l’ensemble de la population, salaires du secteur privé), ce qui limite la portée du constat.

Citations décisives : « Cette année, on est vraiment entré dans le dur » (Plane), « Le recul de 1983 faisait suite à des années de croissance du pouvoir d’achat très dynamiques » (Sampognaro), « C’est un choc sans précédent dans l’histoire récente » (Carcillo), « Ceux qui se sont appauvris sont les professions intermédiaires et certains cadres » (Carcillo). Toutes attribuées à des personnes nommées, sans date ni circonstance (entretien avec l’auteur, apparemment). Non contrôlées : il s’agit de propos recueillis, sans trace publique attendue.

Fidélité à une source primaire disponible : lien d’activation établi pour trois sources, que le texte nomme et dont il rapporte le contenu.

  • Insee, comptes nationaux (le texte cite la série et « l’Insee ») : −0,7 % en 2025 (C1), fidèle ; +2,5 % en 2020-2021 (C2), fidèle ; « −1,7 % en 2013 » (infographie, C10), non tranchable.
  • Insee, étude sur 343 professions (« L’Insee a passé en revue ») (C11) : nombre de professions et reculs par métier, fidèles ; « Les enseignants du secondaire ont perdu plus de 5 % », déplacé : la source porte sur le seul secteur privé hors fonctionnaires, champ que le texte ne mentionne pas, ce qui étend au corps enseignant un constat établi sur une fraction de celui-ci ; « La petite classe moyenne, celle qui gagne autour du salaire médian […] a été la grande perdante », interprétation propre non signalée comme telle, et déplacée : la source fait porter les pertes sur les cadres et les professions intermédiaires, catégories dont une partie gagne nettement plus que le salaire médian (ingénieurs et cadres techniques).
  • OCDE, Perspectives de l’emploi 2026 (source de l’infographie ; chiffres rapportés en discours indirect de M. Carcillo) (C9) : baisses en Italie, Suède, Australie, fidèles en direction ; « Le mouvement a été similaire à travers l’ensemble du monde occidental », renforcé : un recul constaté dans un tiers des pays devient un mouvement général, que l’infographie publiée contredit ; la formule est rapportée à M. Carcillo, dont les propos exacts ne sont pas disponibles ; valeurs chiffrées pour la Suède, l’Australie, l’Espagne, la zone euro et les États-Unis, non tranchables.

Source primaire non disponible : les calculs de l’IFE « réalisés pour Le Monde » ne sont pas publiés. Pour le chiffre de 1 200 euros, la frontière entre ce que l’IFE a produit et ce que le texte en fait reste indécidable sur deux points : si le calcul a été présenté par l’IFE comme incluant une prévision pour 2026, et s’il a été présenté comme une perte « en moyenne » des familles ou comme la conversion d’un agrégat par UC pour un ménage type (clause « Face à l’absence d’éléments suffisants » de l’étape 7).

Contrôle arithmétique et statistique — Annexe 4

Éléments numériques retenus comme porteurs (déclarés avant les tests ; chacun est offert en étayage d’une proposition centrale ou d’une sous-thèse) :

  • N1, −0,7 % en 2025 et N2, −0,7 % en 2026 : fondent la crise et sa rareté.

  • N3, 1 200 euros pour une famille et 600 euros pour un adulte seul : chiffre de titre.

  • N4, deux épisodes depuis 1960 et creux de −1,7 % (infographie) : fondent « historique » et « même ampleur ».

  • N5, prix +21,3 %, salaires +18,7 %, recul de « plus de 2 % » : fondent la baisse des salaires réels.

  • N6, +2,5 % en 2020-2021 ; N9, masse salariale +4 % ; N10, « presque la moitié » du gain de 2024 : fondent le mécanisme des compensations.

  • N7, baisses de salaires réels dans l’OCDE : fondent le caractère général du choc.

  • N8, chômage de 7,2 % à 8,3 % : fonde la disparition du facteur emploi.

  • N11, 222 professions sur 343 et pertes par métier ; N14, salaire médian de 2 200 euros : fondent la sous-thèse distributive.

  • N12, taux d’épargne ; N15, 45 % de marques de distributeur ; N16, « deux tiers des répondants » : fondent la sous-thèse des réactions.

  • N13, croissance décennale des salaires réels ; N17, réduction du déficit de 3 points de PIB : contexte offert en étayage (« rupture violente », « perspectives sombres »).

  • A. Ordre de grandeur : aucun chiffre porteur ne présente la structure du test A (taux extrapolé sur une fenêtre et rapporté à un ensemble de référence composé d’unités non répétables) ; aucune impossibilité n’est examinée à ce titre. Cohérence d’échelle de N3 : selon l’échelle d’équivalence usuelle de l’Insee (1 pour le premier adulte, 0,5 pour le second, 0,3 par enfant de moins de 14 ans ; connaissance générale, non comptée comme vérification), une famille de deux adultes et deux enfants compte 2,1 UC ; 600 × 2,1 = 1 260 et 1 200 / 2,1 = 571 euros : les deux chiffres sont compatibles après arrondi à la centaine. Le montant absolu n’est pas reconstructible à partir des données fournies, le niveau du revenu disponible par UC n’étant pas donné.

  • B. Dénominateur : (a) année de référence de N3 : « depuis 2024 ». Le texte décrit lui-même 2024 comme une année exceptionnelle (dividendes anticipés avant l’entrée en vigueur de la contribution différentielle). Avec les chiffres de l’Insee pour 2024 (+2,2 %, C1) et ceux du texte pour 2025 et 2026, le niveau de 2026 est supérieur de 0,8 % à celui de 2023 ; avec la base 2019, que le texte emploie pour les salaires, il est supérieur de 3,4 % (série de l’Insee 2020-2025 S2 et prévision du texte pour 2026 ; calculs de l’analyste). Le signe de la « perte » dépend du choix de la base, et le texte change de base entre salaires (2019) et pouvoir d’achat (2024) sans le signaler. (b) N15 : « 45 % des achats de certaines catégories » : base non identifiable, ce pourcentage n’est pas une donnée. (c) N5 : point de départ déclaré (« depuis 2019 »), point d’arrivée, indice de prix et mesure des salaires non déclarés. (d) Troisième infographie : « Evolution du salaire réel entre le 1er trimestre 2021 et le 1er trimestre 2026 / Glissement annuel en % » : un glissement annuel ne mesure pas une évolution sur cinq ans ; l’unité est équivoque. (e) N10 : base identifiable ; valeur de la source 52 % (C3), « presque la moitié » légèrement en deçà.

  • C. Mesure de tendance centrale : le titre écrit « les familles ont perdu 1 200 euros en moyenne » ; le corps convertit pour une famille type la variation d’un revenu moyen par UC (ratio d’agrégats). Aucune médiane n’est donnée. La mesure change la conclusion pour 2025 : la baisse de la moyenne tient principalement aux revenus du patrimoine (−0,9 point sur −0,4 %, C3), que le texte situe « essentiellement chez les ménages aisés » ; le signe de l’évolution pour un ménage médian n’est pas établi par la moyenne. Le texte applique la distinction entre agrégat et foyers aux gains de 2020-2021 (« cela n’a évidemment pas été le cas de tous les foyers ») ; il ne l’applique pas aux pertes de 2025-2026.

  • D. Taux de base : sans objet (aucune affirmation de détection ou d’attribution).

  • E. Mesure, estimation, modèle, projection : N2 est une projection de l’IFE, signalée dans le corps (« en passe de ») et en note d’infographie, présentée comme un fait dans le titre et le chapeau, et incluse dans N3 sans que le texte le dise au paragraphe du chiffrage. N12 : « avant de se tasser légèrement à 17,3 % » présente comme acquise la prévision de l’Insee pour 2026 (C7). « Cette année […] un recul des salaires » : projection non étayée, contraire aux deux prévisions disponibles (C12). N8 : mesure (8,3 %).

  • F. Précision affichée : pas de précision excessive ; la prévision à une décimale (−0,7 %) est la convention des prévisionnistes.

  • G. Reproductibilité du comptage : sans objet. Le baromètre du Crédoc (enquête) et l’étude de l’Insee (statistique) relèvent de la borne de domaine du test G.

Calculs recalculés : N6, −0,3 % et +2,8 % donnent +2,49 %, « 2,5 % » exact. N5, 1,187 / 1,213 − 1 = −2,14 %, cohérent avec « plus de 2 % ». N3, rapport 2,0 compatible avec 2,1 UC après arrondi. N10, 1,4 / 2,7 = 51,9 %, « presque la moitié » légèrement en deçà. Magnitude : −1,4 % en cumul actuel contre −1,7 % pour chacune des années de creux antérieures.

C. Termes à charge symbolique

Termes en voix d’auteur : « crise », « historique », « choc », « rupture violente », « frappée de plein fouet », « la grande perdante », « sombres », « lourde dette », « dérive budgétaire », « mécaniquement » (deux occurrences, pour les dividendes et pour le pouvoir d’achat), « Ce n’est pas normal ». Termes cités : « on est vraiment entré dans le dur », « choc sans précédent dans l’histoire récente », « On se serre la ceinture ». La photographie de la cantine solidaire relève du même registre visuel.

« rupture violente » et « chute historique » tiennent lieu de mesure là où le texte publie une mesure : le graphique des salaires montre un niveau fin 2025 inférieur de 0,56 % au pic de 2019. « frappée de plein fouet » qualifie des pertes de 3 à 7 % en cinq ans, données exactes (C11) dont l’ampleur est ainsi renforcée par l’intertitre. « dérive budgétaire » et « lourde dette » posent en voix d’auteur une appréciation de politique budgétaire, sans élément à l’appui dans le texte, hormis un lien vers un article des Décodeurs. « mécaniquement » confère aux deux enchaînements (baisse des dividendes après anticipation ; baisse du pouvoir d’achat) le statut de nécessité ; le premier est corroboré par l’Insee (« contrecoup », C3), le second repose sur la prévision. Ces termes parlent au lecteur-électeur de la campagne annoncée en première phrase.

D. Termes à prétention universelle

  • « les familles » (titre) : la variation d’une moyenne par UC, convertie pour un ménage type (3.A, annexe 4 C).
  • « les Français sont sortis de la pandémie de Covid-19 enrichis » : assortie de la réserve sur les agrégats ; « au cœur des préoccupations des Français » : sans source ; « les Français ont même réduit leur consommation alimentaire » : sur la foi d’un seul interlocuteur (« souvent, des adultes prennent un déjeuner très léger »).
  • « à travers l’ensemble du monde occidental » : contredit par l’infographie et par l’OCDE (C9).
  • « Jamais ils n’avaient reculé ni même stagné » : contredit par la phrase du texte sur 1983-1985 (3.A).
  • « à un niveau jamais enregistré jusqu’à présent » : contredit par l’Insee (C7).
  • « Génération après génération » : repose sur des moyennes décennales, avec l’exception de 1983-1985 que le texte mentionne.

Le texte reproche au « discours ambiant » une généralisation (le pouvoir d’achat n’a pas reculé avant 2024) et emploie trois absolus (« l’ensemble du monde occidental » et deux « jamais ») que ses propres données ou les séries de l’Insee démentent. L’examen de cette tension relève de 3.H.

E. Test des absences

Absences identifiées : deux. Contrôle préalable : plusieurs éléments qui fragilisent la thèse sont mentionnés par le texte et ne relèvent donc pas de 3.E : le rôle des dividendes et l’anticipation de 2024 (examinés en 3.K), le caractère prévisionnel de 2026 (étape 6), la hausse des salaires réels dans la majorité des pays de l’OCDE (visible dans l’infographie, 3.K), la tension avec le taux de pauvreté (infographie, 3.B).

  • E1 — La productivité du travail en France est, fin 2025, inférieure à son niveau de 2019. Accessibilité à la date pertinente : oui ; blog de l’Insee, 29 mai 2026 S11, et, antérieurement, Rexecode, 11 octobre 2023 S12, contrôle C8. Absence effective : oui ; le texte ne mentionne la productivité que dans une citation au conditionnel général (« Une économie qui gagne en productivité devrait… »), sans rien dire de son évolution en France. Qualification de première porte : omission stratégique. Résultat indéterminé : non. Seconde porte — omission structurante : non. Intégrée, l’information ferait tomber le jugement « Ce n’est pas normal » et déplacerait l’explication de la stagnation salariale de l’inflation vers la productivité ; elle laisse intact le constat des deux reculs du pouvoir d’achat et le mécanisme de disparition des compensations, qui portent la thèse.
  • E2 — Les prévisions publiques disponibles annoncent une stagnation des salaires réels en 2026. Accessibilité à la date pertinente : oui ; Insee, 10 septembre 2026 S4, p. 15 ; OFCE, 8 avril 2026, prévision cosignée par Mathieu Plane S5 ; contrôle C12. Absence effective : oui ; le texte annonce « un recul des salaires » pour cette année. Qualification de première porte : omission stratégique. Résultat indéterminé : non. Seconde porte — omission structurante : non. La prévision de l’Insee d’un recul des revenus d’activité réels, masse et emploi confondus, maintient la conclusion d’un impact négatif en 2026 ; seule la composante « recul des salaires » tombe.

E1 et E2 procèdent de la même cause que l’homogénéité des sources relevée en 3.I : aucune source ne porte l’explication par la productivité ou la comparaison des prévisions. Elles sont comptées comme une cause profonde à deux manifestations.

F. Falsifiabilité

La thèse est réfutable : les comptes annuels de 2026, publiés au printemps 2027, confirmeront ou non le second recul ; les séries de l’Insee permettent de vérifier l’ampleur. Observations traitées comme confirmantes : les deux reculs, la hausse du chômage, la baisse des dividendes, le recours aux marques de distributeur, la hausse de l’épargne. Pour l’épargne, le texte présente la hausse comme une réaction au choc (« au lieu de puiser dans leurs économies, ils se sont mis à épargner ») ; une baisse aurait été lue de même, comme le fait de « puiser dans leurs économies » ; le texte ne dit pas quelle évolution de l’épargne infirmerait sa lecture : infalsifiabilité d’usage limitée à cette sous-thèse. La remontée des salaires réels depuis 2023, visible dans l’infographie, n’est pas traitée comme une observation contraire à « chute historique ». Le texte ne nomme aucune observation qu’il reconnaîtrait comme réfutante.

G. Registre stylistique et lisibilité

Registre de presse accessible, compatible avec l’oralité, sans phrase dont la syntaxe ferait obstacle à la première lecture. Procédés : l’antithèse préventive d’ouverture (« Ce n’est pas une figure de style, mais une réalité statistique ») ; les phrases de verdict à deux-points (« Deux reculs du pouvoir d’achat sur deux années consécutives : la situation est exceptionnelle » ; « Retrait partiel de l’Etat et faible dynamique des patrimoines : le pouvoir d’achat va mécaniquement souffrir ») ; le jugement qui introduit une citation (« Ce n’est pas normal : »). Deux coquilles typographiques (« 2019,l’inflation », « baisse,vient »). Le registre correspond au public identifié en 0.f.

H. Symétrie épistémique

La norme que le texte prescrit (0.c), la conformité des qualifications aux séries, lui est appliquée :

  • il corrige le « discours ambiant » au nom des données, en rappelant que le pouvoir d’achat « a bien résisté » jusqu’en 2024 ; dans le même article, il écrit « de la même ampleur » contre son propre graphique, et emploie deux « jamais » que ses données ou l’Insee démentent ;
  • il applique la réserve « il s’agit d’agrégats macroéconomiques, cela n’a évidemment pas été le cas de tous les foyers » aux gains de 2020-2021, et convertit sans réserve les pertes de 2025-2026 en perte « des familles » ;
  • il présente en titre comme acquise une prévision qu’il signale comme telle dans le corps.

L’exigence statistique s’exerce contre la lecture pessimiste de la période close et se relâche dans le sens de la lecture pessimiste de la période en cours. Le texte ne reconnaît pas cette différence de traitement et ne la justifie pas. Aucune lecture par les intérêts n’est appliquée à un camp : sans objet.

I. Circularité informationnelle

  1. Les sources qui étayent la thèse appartiennent à l’écosystème des institutions publiques ou para-publiques de statistique et de recherche économique, et d’une organisation internationale (IFE, Insee, Crédoc, OCDE). L’IFE fournit à la fois la prévision, le calcul exclusif et sept des seize citations ou propos rapportés, dont six des huit qui portent sur le diagnostic d’ensemble et les perspectives (les deux autres sont de M. Carcillo).
  2. Des sources susceptibles de limiter la thèse existaient (explication de la stagnation salariale par la productivité, C8 ; prévision de stagnation des salaires réels, C12) ; elles ne sont ni citées ni réfutées. Une source indépendante qui corroborerait la prévision de 2026 (Insee, C4) n’est pas citée non plus.
  3. Le texte ne présente pas l’absence de contradiction comme une preuve.

Appareil de liens : les treize liens du corps renvoient tous à des articles du Monde (2001 à septembre 2026), aucun à l’Insee, à l’OCDE ou à l’IFE ; les affirmations sur le chômage à 8,3 %, les rémunérations, les dividendes, les États-Unis et la dette sont ainsi « sourcées » par la rédaction elle-même. Un lien est déplacé : « la guerre en Ukraine, qui a fait flamber le prix du gaz », phrase qui porte sur 2022, renvoie à un article du 7 mars 2026 consacré à la hausse du prix du gaz de 2026. Un autre lien, sur « les entreprises ont multiplié les dividendes », renvoie à un article du 15 septembre 2026 dont l’adresse annonce le montant de dividendes « le plus élevé d’Europe au deuxième trimestre » ; il porte sur les versements des entreprises ; les revenus reçus par les ménages français sont une autre grandeur, et aucune contradiction avec « L’année 2026 s’annonce plate » n’est établie. Circularité faible, de forme éditoriale, relevée comme telle ; elle et les absences E1 et E2 ont une cause commune (3.E).

J. Analyse comparative des traitements

  • État et gouvernement Vocabulaire : « dérive budgétaire », « ne peuvent plus », « s’est contenté », « se refusant à le généraliser ». Déclarations : aucune citée. Actions : mesures de 2019-2023 datées ; soutien aux « grands rouleurs » et pistes pour le budget 2027, sans source. Motivations : contrainte budgétaire posée comme donnée.
  • Ménages aisés Vocabulaire : neutre (« ont bénéficié de la bonne santé boursière »). Déclarations : aucune. Actions : bénéficiaires des dividendes de 2024. Motivations : non abordées ; le fait qu’ils supportent l’essentiel de la baisse de 2025 n’est pas énoncé.
  • « Petite classe moyenne », professions intermédiaires et cadres Vocabulaire : « frappée de plein fouet », « la grande perdante », « grand ventre mou ». Déclarations : aucune. Actions : pertes de salaire réel chiffrées (C11). Motivations : sans objet.
  • Ménages les plus modestes, retraités Vocabulaire : « relativement protégés » ; retraites « progressant plus vite que les salaires ». Déclarations : aucune. Actions : protégés par l’indexation du smic et des pensions. Motivations : sans objet ; la photographie les représente, la hausse du taux de pauvreté (infographie) n’est pas commentée.
  • Économistes cités (IFE, OCDE, Crédoc) Vocabulaire : neutre (« observe », « ajoute », « confirme », « rappelle », « note »). Déclarations : reprises comme des faits ; la prévision de l’IFE n’est confrontée à aucune autre. Actions : sans objet. Motivations : non abordées.

Asymétrie systématique : non. Le gouvernement est le seul acteur qualifié par des verbes évaluatifs (« s’est contenté », « se refusant ») sans que sa position soit rapportée. Les propos des économistes sont repris sans examen, ce qui suit le genre de l’article sans avantager un camp politique.

K. Adaptation au public cible

Marqueurs de sérieux : série de l’Insee depuis 1960, calcul exclusif attribué, comparaison internationale sourcée à l’OCDE, cinq infographies sourcées, économistes nommés, note « Prévisions pour 2026 », données par métier.

Ces marqueurs renforcent-ils la démonstration : oui pour le fait central (C1, C2, C11) ; non pour l’intensité. Trois des cinq infographies contiennent des valeurs qui démentent ou limitent des phrases du texte (ampleur, salaires réels, monde occidental) ; une quatrième (pauvreté) entre en tension avec la sous-thèse distributive. Les graphiques servent à la fois d’étayage et, pour un lecteur attentif, de contradiction.

Contradictoire effectif ou décoratif : effectif sur un point : « contrairement au discours ambiant, le pouvoir d’achat a bien résisté en France jusqu’en 2024 » limite la thèse à 2025-2026. Décoratif sur deux points : (a) les dividendes : le texte expose l’anticipation de 2024, la chute de 2025 et la concentration de ces revenus chez les ménages aisés, sans que ces éléments modifient ni le chiffre attribué aux familles ni la hiérarchie causale du chapeau ; (b) le caractère prévisionnel de 2026 : mentionné une fois (« en passe de »), il est suivi, dans les deux paragraphes suivants, de deux affirmations au présent qui reportent la force du pôle fort.

Concessions ouvrantes ou immunisantes : ouvrantes : « Tous les ménages n’ont pas été touchés de la même manière », « Du moins jusqu’à présent ». La réserve sur les agrégats est ouvrante dans son principe et placée là où elle ne touche pas la conclusion (gains de 2020-2021). « en passe de chuter » fonctionne comme concession immunisante : elle met le texte à l’abri de l’objection « 2026 n’est pas achevée » sans que la conclusion en réduise la force (étape 6).

Fermeture interprétative par la complexité : partielle, sur un point. Le programme « décortiqué » introduit le facteur des dividendes, qui, pondéré, modifierait le chiffre de titre ; laissé sans pondération, il donne le sentiment d’une décomposition traversée sans que la conclusion soit touchée.

Distribution de la rigueur / déplacement de la rigueur : les références précises (série Insee, étude sur 343 professions, rapport de l’OCDE) portent sur des faits vérifiables et exacts. Les éléments qui portent l’intensité de la thèse (prévision 2026, 1 200 euros, « même ampleur ») reposent sur un calcul non publié ou sur la voix d’auteur, et la seule comparaison précise disponible, le graphique, dément l’équivalence d’ampleur. Rigueur partiellement déplacée.

Omissions et public : E1 est ce dont un lecteur aurait besoin pour évaluer le jugement « Ce n’est pas normal » ; E2, pour évaluer l’annonce d’un recul des salaires en 2026. Ni l’une ni l’autre ne conditionne l’évaluation du fait central.

Retour obligatoire sur l’hypothèse de 0.f : nuance. Les codes de crédibilité attendus sont présents, et le public stratégique identifié (acteurs et électeurs de la campagne) est confirmé par la première phrase et par la production d’un chiffre citable. L’hypothèse selon laquelle le texte affronterait les objections (b) et (c) est nuancée : il les mentionne sans en tirer la conséquence. L’objection (a), l’ampleur, est celle que le texte écarte d’avance (« Ce n’est pas une figure de style ») tout en publiant le graphique qui la fonde. L’hypothèse d’un public repoussoir vide est confirmée.


Étape 4 — Inférence de l’intention stratégique

Préalable — But déclaré : expliquer (« le phénomène est plus compliqué qu’il n’y paraît et mérite d’être décortiqué ») et établir la réalité statistique d’une crise (« Ce n’est pas une figure de style, mais une réalité statistique »).

Niveau 1 — Indices textuels : première phrase liant la campagne électorale et la crise ; chiffre exclusif en titre ; antithèse préventive contre l’objection d’hyperbole ; « de la même ampleur » en regard d’un graphique qui montre l’inverse ; conversion d’un agrégat en perte « des familles » ; photographie d’une cantine solidaire ; correction du « discours ambiant » pour la période close ; perspectives « sombres » imputées à la dette en voix d’auteur, avec un lien vers un article sur les finances publiques ; inscription dans une série (« A l’euro près ») et treize liens internes ; final conditionnel sur 2027.

Niveau 2 — Hypothèse stratégique :

  • H1 : on peut faire l’hypothèse que l’article vise à fournir au débat de campagne un chiffre de référence et un diagnostic d’intensité, et à installer le pouvoir d’achat comme son enjeu central (indices : première phrase, chiffre de titre, exclusivité, « au cœur des préoccupations des Français »).
  • H2 : le texte pourrait également viser à établir le journal comme arbitre statistique, qui corrige les exagérations sur la période close et valide l’inquiétude sur la période en cours (indices : antithèse préventive, « contrairement au discours ambiant », calcul « réalisé pour Le Monde »).
  • H3 : le texte pourrait aussi inscrire la contrainte de la dette comme donnée du débat (indices : « lourde dette », « dérive budgétaire », « les pouvoirs publics ne peuvent plus poursuivre un tel soutien », lien vers les Décodeurs).

Niveau 3 — Degré de confiance : H1, moyenne ; H2, moyenne ; H3, faible. Aucune hypothèse n’atteint un degré fort : les conventions d’une série consacrée au pouvoir d’achat et d’un article construit autour d’un chiffre exclusif expliquent aussi une partie des indices.


Étape 5 — Cohérence interne

Programme du chapeau (salaires réels en baisse depuis 2019, compensations jusqu’en 2024, disparition des compensations en 2025-2026) : tenu dans la structure des trois sections. Pour 2025, le texte fournit l’élément qui domine selon l’Insee (les dividendes), sans le hiérarchiser comme tel.

Programme de méthode (« décortiqué ») : tenu dans sa forme ; la décomposition énumère les canaux sans les pondérer, ce qui relève de 3.A.

Engagement d’ouverture (« une réalité statistique ») : tenu pour 2025 ; partiellement tenu pour le reste : la prévision de 2026 est présentée comme un fait dans le titre et le chapeau, et l’équivalence d’ampleur est démentie par l’infographie du texte. Cet écart établit que la formule d’ouverture fonctionne en partie comme dispositif d’auto-légitimation : elle place sous l’autorité de la statistique des qualifications que la statistique publiée par l’article ne porte pas. L’écart ne permet aucune conclusion sur la sincérité de l’auteur.


Étape 6 — Retour au dispositif d’ouverture

Le cadrage initial (campagne, crise, « historique », 1 200 euros, photographie) détermine la lecture de l’intensité avant tout examen. Si l’on refuse le postulat d’ouverture au sens de l’ampleur, il reste un fait rare, deux reculs consécutifs, d’ampleur modérée, correctement documenté ; les sections consacrées aux mécanismes (salaires, emploi, transferts, patrimoine) tiennent indépendamment du cadrage, leurs faits étant vérifiés (C1 à C3, C11). Dépendent du cadrage : l’intensité (« même ampleur », « rupture violente », « frappée de plein fouet ») et la traduction de l’agrégat en perte des familles. L’antithèse préventive neutralise d’avance l’objection d’ampleur, celle-là même que la première infographie fonde. L’hypothèse H1 éclaire la première phrase et le choix d’un chiffre de titre converti pour un ménage type.

Contrôle de constance modale : P2 (le pouvoir d’achat par UC recule une seconde fois en 2026). Test de direction : (1) le degré fort fait le travail argumentatif : oui ; c’est sous le degré assertorique que P2 fonde « deux années de suite », « la situation est exceptionnelle », « troisième période historique » et le chiffre de titre ; (2) le degré faible apparaît là où l’engagement fort aurait un coût : oui ; il apparaît au seul endroit où le chiffre de 2026 est énoncé et daté (« Alors que les neuf premiers mois de l’année se sont déjà écoulés, il est en passe de chuter une deuxième fois de 0,7 % »), là où une assertion serait vérifiable et inexacte avant la publication des comptes annuels, et dans la note de l’infographie. Exclusions : modestie constante, écartée (titre et chapeau assertoriques) ; révision assumée, écartée (aucune révision explicite, et les deux paragraphes suivants reportent la force du pôle fort : « La France traverse donc actuellement une troisième période historique ») ; partition de portée, écartée (même référent à chaque occurrence : l’évolution annuelle du pouvoir d’achat par UC en 2026). Verdict : rétractation modale directionnelle.
Confiance du verdict modal : moyenne. L’occurrence faible est aussi une information exacte, et la compression du titre relève d’une convention du genre ; la frontière entre compression de titraille et rétractation reste un jugement, au sens de la limite déclarée du contrôle.


Étape 7 — Conclusion différenciée

Rubriques non renseignables : la méthode du calcul de l’IFE n’étant pas publiée, la part de la prévision dans le chiffre de 1 200 euros et la manière dont l’IFE l’a présenté ne peuvent être établies (3.B). Cette limite n’affecte pas la gravité de D2 et D3, établie sur les phrases du texte et les données de l’Insee.

7.a — Grille de gravité des défauts

  • D1 — Équivalence d’ampleur démentie par l’infographie publiée (« de la même ampleur ») et glissement de « historique » de la fréquence vers l’ampleur (annexe 2) : majeur. Correction minimale testée : « une troisième période de reculs consécutifs, d’ampleur moindre que les deux précédentes ». Effet sur la conclusion et la nature de sa prétention : la conclusion « crise […] historique » se maintient sous le critère de fréquence que le texte fournit ; sa prétention est nettement affaiblie : d’une crise égale à 1983-1984 et 2010-2013, elle devient un épisode rare d’ampleur modérée.
  • D2 — Rétractation modale sur le recul de 2026 et prévision incluse, sans mention, dans le chiffre de 1 200 euros : majeur. Correction minimale testée : forçage de P2 au degré probable, seul soutenu par les éléments disponibles (neuf mois écoulés, prévision indépendante concordante, C4) : « la France est en passe de connaître un second recul consécutif » ; « depuis 2024, la perte atteindrait 1 200 euros ». Effet sur la conclusion et la nature de sa prétention : la prétention annoncée par le pôle fort, un constat de crise sur deux années, devient un constat pour 2025 et une prévision probable pour 2026 : moins de certitude, même nature de proposition. Un forçage au degré hypothétique aurait changé la nature de la prétention (rédhibitoire pour elle) ; les éléments réunis en C4 ne justifient pas ce degré. La thèse plus faible, un recul mesuré en 2025 et un second recul prévu, demeure intacte.
  • D3 — Conversion d’une moyenne par UC, dont la baisse de 2025 tient principalement aux revenus du patrimoine, en perte « des familles » « en moyenne », sur une base 2024 que le texte décrit comme exceptionnelle ; réserve sur les agrégats appliquée aux seuls gains : majeur. Correction minimale testée, avec les données du texte et celles de l’Insee (C3) : « par rapport au point haut de 2024, le revenu disponible moyen par unité de consommation a reculé de l’équivalent de 1 200 euros pour un couple avec deux enfants ; en 2025, ce recul tient principalement au repli des dividendes, perçus surtout par les ménages aisés, après leur bond de 2024 ». Effet sur la conclusion et la nature de sa prétention : la conclusion sur le pouvoir d’achat agrégé se maintient ; l’affirmation de titre sur les familles perd sa généralité : elle ne décrit plus ce qu’une famille type a perdu en 2025. Prétention nettement affaiblie.
  • D4 — Salaires réels : « plus de 2 % » non réconcilié avec l’infographie ; « en baisse » alors que la courbe remonte depuis 2023 ; « Jamais ils n’avaient reculé ni même stagné » contredit par la phrase du texte sur 1983-1985 : mineur. Correction minimale testée : préciser la mesure et la date du chiffre de 2 % ; « les salaires réels stagnent depuis 2019 » ; supprimer « Jamais ». Effet sur la conclusion et la nature de sa prétention : le mécanisme (des salaires qui ne compensent pas, des compensations qui disparaissent) tient avec une stagnation ; conclusion inchangée.
  • D5 — Omissions stratégiques E1 (productivité) et E2 (prévisions de stagnation des salaires en 2026) : mineur. Correction minimale testée : mentionner le retard de 0,7 point de la productivité sur 2019 et les prévisions de l’Insee et de l’OFCE. Effet sur la conclusion et la nature de sa prétention : « Ce n’est pas normal » tombe ; « un recul des salaires » devient « une stagnation des salaires » ; la conclusion centrale est inchangée.
  • D6 — « similaire à travers l’ensemble du monde occidental », renforcé par rapport à l’OCDE et démenti par l’infographie : mineur. Correction minimale testée : « dans un tiers des pays de l’OCDE, dont l’Italie, la Suède et l’Australie ». Effet sur la conclusion et la nature de sa prétention : la généralité internationale du recul des salaires réels tombe ; la thèse sur la France est inchangée.
  • D7 — Épargne « à un niveau jamais enregistré » démentie par l’Insee ; prévision de 17,3 % présentée comme acquise : mineur. Correction minimale testée : « à un niveau nettement supérieur à celui d’avant la crise sanitaire » ; « et devrait se tasser à 17,3 % en 2026 ». Effet sur la conclusion et la nature de sa prétention : aucun sur la thèse ; la sous-thèse des réactions conserve son constat.
  • D8 — Sous-thèse distributive : données 2019-2024 appliquées au recul de 2025-2026 ; étiquette « petite classe moyenne » déplacée ; champ privé non signalé pour les enseignants ; tension non traitée avec l’infographie sur la pauvreté : mineur. Correction minimale testée : « entre 2019 et 2024, les pertes de salaire réel ont surtout touché, dans le secteur privé, les professions intermédiaires et les cadres ». Effet sur la conclusion et la nature de sa prétention : la sous-thèse change d’objet ; la conclusion centrale est inchangée.
  • D9 — Chiffres sans mesure ou sans base (21,3 % et 18,7 % ; 45 % de « certaines catégories »), affirmations sans source (préoccupations des Français, pistes budgétaires), montant de 1 200 euros non reconstructible à partir des données fournies, liens exclusivement internes : mineur. Correction minimale testée : nommer les indices, les bases et les sources primaires. Effet sur la conclusion et la nature de sa prétention : aucun.

Aucun défaut rédhibitoire.

7.b — Ce que le texte établit solidement

Qualités réelles :

  • Le fait central est exact. Le recul de 0,7 % du pouvoir d’achat par unité de consommation en 2025 est celui de l’Insee (C1) ; la progression de 2,5 % en 2020-2021 aussi (C2) ; le second recul annoncé pour 2026 est prévu également par l’Insee, indépendamment de l’IFE (C4). La rareté de deux reculs consécutifs, critère que le texte énonce, est cohérente avec la série qu’il publie. La thèse de rareté est établie pour 2025 et corroborée pour 2026.
  • Le texte corrige, contre l’intérêt dramatique de son propre sujet, une lecture répandue : « contrairement au discours ambiant, le pouvoir d’achat a bien résisté en France jusqu’en 2024 ». Cette concession est ouvrante : elle borne la thèse à 2025-2026 et distingue salaires réels et pouvoir d’achat.
  • La décomposition identifie les bons canaux : salaires, emploi, transferts, revenus du patrimoine. Elle donne au lecteur la clef de 2025, l’anticipation des dividendes en 2024 avant l’entrée en vigueur de la contribution différentielle puis leur chute, que l’Insee confirme (C3). Un lecteur attentif peut, à partir du seul texte, reconstituer l’objection D3.
  • La nuance distributive et géographique est fondée sur des données exactes : protection des bas salaires par le smic, pertes des professions intermédiaires et des cadres, chiffrées conformément à l’étude de l’Insee (C11) ; exposition des périurbains au prix du carburant.
  • Chaque infographie est sourcée. Les valeurs publiées permettent au lecteur de confronter le texte à ses données, ce qui rend les défauts D1, D4 et D6 détectables de l’intérieur même de l’objet.
  • Les économistes sont nommés et affiliés ; l’exclusivité du calcul est déclarée ; la nature de l’IFE est décrite exactement (C5) ; le taux de chômage de 8,3 % est exact (C6).
  • Calculs vérifiés exacts, avec la valeur recalculée : +2,49 % pour 2020-2021 (« 2,5 % ») ; 1,187 / 1,213 − 1 = −2,14 %, cohérent avec « plus de 2 % » ; 600 × 2,1 = 1 260 et 1 200 / 2,1 = 571, compatibles avec 600 et 1 200 après arrondi ; 1,4 / 2,7 = 51,9 %, voisin de « presque la moitié ».

Défaillances argumentatives : D1, D2, D3 (majeurs) ; D4 à D9 (mineurs).

Intentions stratégiques inférées : fournir au débat de campagne un chiffre et un diagnostic d’intensité (confiance moyenne) ; établir le journal comme arbitre statistique (confiance moyenne) ; inscrire la contrainte de la dette comme donnée (confiance faible). L’écart entre le but déclaré, expliquer, et le but inféré, qualifier l’intensité pour un débat électoral, éclaire les défauts D1 à D3 : ils vont tous dans le sens de l’intensité. Il ne réfute pas le fait central.

Asymétries injustifiées : l’exigence statistique s’exerce contre la lecture pessimiste de la période close et se relâche en faveur de la lecture pessimiste de la période en cours ; la réserve sur les agrégats s’applique aux gains de 2020-2021 et manque pour les pertes de 2025-2026 (3.H).

Jugement global : le texte établit un fait rare et en décrit correctement les mécanismes. Il n’établit pas l’intensité que son titre et son ouverture affirment : l’équivalence d’ampleur est démentie par ses propres données, la seconde année est une prévision, et la perte attribuée aux familles est celle d’une moyenne dont la baisse de 2025 tient d’abord aux dividendes. Comme information, le cœur tient ; comme démonstration d’une crise « historique » au sens de l’ampleur, il échoue sur ses propres graphiques. Aucun défaut rédhibitoire.

7.c — Qualification du degré de propagande

Échelle complète :

  • Niveau 0 — Information ouverte / non propagandiste : cadrage sans protection structurante de la conclusion.
  • Niveau 1 — Information orientée : orientation structurante, examen autonome encore effectif.
  • Niveau 2 — Plaidoyer / journalisme engagé : conclusion activement défendue, objections encore susceptibles de la modifier.
  • Niveau 3 — Propagande : conclusion protégée par des mécanismes convergents de neutralisation ou de fermeture.
  • Niveau 4 — Propagande verrouillée : fermeture auto-immunisante ou matérielle empêchant la contradiction de produire son effet central.

Niveau attribué au périmètre ARGUS : 2 — Plaidoyer / journalisme engagé, près du seuil inférieur.

Mode rhétorique, si établi : non retenu ; les codes statistiques et le lexique d’intensité coexistent sans que l’un domine de façon établie.

Origine ou fonction, si établie : journalistique.

Justification :

  • Diversité des sources (0.d) : écosystème homogène d’institutions publiques ou para-publiques et d’une organisation internationale ; aucune source ne conteste le diagnostic ; l’IFE fournit prévision, calcul et l’essentiel de l’interprétation.
  • Transparence sur le contexte de production (0.e) : exclusivité du calcul déclarée ; aucun lien établi avec les parties de la campagne.
  • Public cible et contrat de crédibilité (0.f) : public stratégique de campagne ; codes de crédibilité présents.
  • Circularité informationnelle (3.I) : faible, de forme éditoriale (liens internes, prévisionniste unique), même cause que E1 et E2.
  • Symétrie du traitement (3.J) : pas d’asymétrie systématique entre acteurs.
  • Omissions stratégiques (3.E) : deux, non structurantes, sur la sous-chaîne salariale.
  • Contradictoire, concessions et adaptation au public (3.K) : un contradictoire effectif (période close) ; deux contradictoires décoratifs (dividendes, prévision) ; une concession immunisante (« en passe de ») ; fermeture par la complexité partielle sur les dividendes ; rigueur partiellement déplacée.

Seuil 1 → 2 : franchi. Le texte défend activement une conclusion au-delà du cadrage qui organise l’information sur deux reculs consécutifs : il écarte d’avance l’objection d’hyperbole (« Ce n’est pas une figure de style »), infère par un « donc » une équivalence d’ampleur que ses données ne portent pas, et sélectionne dans le même sens (pays en baisse contre son infographie de l’OCDE, base 2024, deux « jamais », recul des salaires de « plus de 2 % » contre son graphique). Ces choix convergent vers l’intensité du diagnostic. Le franchissement tient à cette défense de l’intensité ; le texte ne plaide pour aucune mesure de politique publique.

Seuil supérieur (2 → 3) : non franchi. Mécanismes de fermeture partielle retenus après la passe corrective : contradictoire décoratif sur les dividendes, concession immunisante sur 2026, réserve sur les agrégats placée du côté des gains, rigueur partiellement déplacée, omissions E1 et E2. Objections qui restent capables de modifier ou de limiter la conclusion : l’objection d’ampleur, que la première infographie fonde avec les valeurs −1,7 % et −0,7 % ; l’objection de composition, que le texte fonde lui-même en exposant l’anticipation des dividendes en 2024, leur chute en 2025 et leur concentration chez les ménages aisés ; l’objection sur les salaires, que le deuxième graphique fonde. Pourquoi les mécanismes retenus ne suffisent pas : chacun opère sur un seul point, et aucun ne retire de l’objet les éléments nécessaires pour reconstruire l’objection correspondante ; aucune absence de contradiction n’est présentée comme preuve ; les omissions portent sur la seule sous-chaîne salariale et laissent le fait central intact. La contradiction se reconstruit à partir du seul article, sans apport extérieur, en lisant ses graphiques contre ses phrases. L’effet cumulé oriente la lecture vers l’intensité ; il ne rend pas la contradiction nettement plus difficile, les données contraires figurant sur la même page que les affirmations qu’elles limitent.

Niveaux de sous-périmètre : sans objet.


Étape 8 — Examen autocritique de l’analyse

Contrôle de cohérence — préalable obligatoire

  • En-tête et annexes : annexe 2 activée au point de contrôle de l’étape 2 (test de frontière positif sur « historique »), section produite ; annexe 4 activée (chiffres porteurs déclarés), sous-section de 3.B produite ; annexe 3 non activée, motif en en-tête. Concordant.
  • Trois compteurs de vérification : recompte en 3.B : aboutis C1, C2, C3, C4, C5, C7, C8, C11, C12 (9) ; partiels C6, C9, C10 (3) ; infructueux : aucun (0) ; total 12, conforme à l’en-tête et au signal de proportionnalité. L’accès refusé à la note France de l’OCDE est rattaché à C9, l’affichage incomplet de la série longue de l’Insee à C10 : ce sont des sous-éléments de propositions déjà formulées, comptés avec elles. Tous les contrôles portent sur l’objet du 30 septembre 2026.
  • Non-contradiction entre étapes : 3.J (pas d’asymétrie systématique entre acteurs) et 3.H (asymétrie d’exigence entre période close et période en cours) portent sur deux objets distincts. 7.b crédite la concession sur la période antérieure à 2024, qualifiée d’effective en 3.K : concordant. Trois défauts majeurs, aucun rédhibitoire, niveau 2 : concordant avec la question de seuil. L’« En bref » reprend le niveau et ses motifs.
  • Constance modale : la carte de l’étape 2 ne fait varier que P2 ; le verdict de l’étape 6 porte sur P2 ; D2 en est la remontée en 7.a. Vérification : 7.b ne crédite ni « en passe de » ni la note « Prévisions pour 2026 », pôles rétractés ; la qualité « chaque infographie est sourcée » porte sur les sources et les valeurs publiées, la note de prévision en étant exclue ; 7.c n’invoque pas ces pôles parmi les éléments qui maintiennent l’examen autonome.
  • Calculs : chaque calcul porté en 7.b l’est avec sa valeur recalculée. Autres calculs de l’analyse : −1,4 % (cumul 2025-2026), −0,56 % (salaire réel, pic de 2019 à fin 2025), +0,8 % (2026 par rapport à 2023), +3,4 % (2026 par rapport à 2019), +0,5 point (2025 hors revenus du patrimoine), 52 % (patrimoine en 2024), tous refaits sur les chiffres du texte ou de l’Insee.
  • Constats factuels : « −1,7 % en 2013 » est décrit partout comme la valeur de l’infographie, non tranchée (C10) ; « 7,2 % » est partout non établi (C6). Pas de double description incompatible.
  • Source primaire : test de fidélité appliqué aux trois sources que le texte nomme et dont il rapporte le contenu (comptes de l’Insee, étude sur 343 professions, rapport de l’OCDE) ; source non disponible déclarée pour l’IFE. Les autres sources consultées (note de conjoncture, blog de l’Insee, OFCE, Rexecode) sont des vérifications ordinaires : le texte ne s’y rapporte pas.
  • Qualification des absences : E1 et E2 portent sur des informations que le texte ne mentionne pas ; les éléments mentionnés (dividendes, prévision, majorité des pays de l’OCDE, pauvreté) ont été exclus de 3.E et traités en 3.K et 3.B. Supports d’accessibilité nommés et datés, tous antérieurs au 30 septembre 2026, rattachés à C8 et C12. Aucune absence n’a été privée de la qualification stratégique au motif de son faible effet ; ce critère n’a servi qu’à la seconde porte.
  • Registre de l’analyse — Règle 19 : les verbes « démentir » et « contredire » désignent une relation logique entre une valeur publiée et une phrase du texte ; ils ne portent pas de charge dépréciative et ne sont employés que là où cette relation est établie par les chiffres cités. Relecture des termes de 3.C : « crise » n’apparaît en voix d’analyste que pour restituer la thèse du texte ; trois emplois qui l’adoptaient (« la crise de 2025-2026 », « le choc ») ont été remplacés par « le recul ». Une comparaison à un usage répandu figurait en 7.b (« deux grandeurs que le débat public confond souvent ») ; elle reposait sur une affirmation empirique non établie par l’analyse et a été supprimée.

Corrections effectuées avant remise : décompte des propos de l’IFE rectifié (sept sur seize, six sur huit pour le diagnostic) ; en C9, « au-dessus de leur niveau de 2021 » remplacé par « pas en dessous », la source ne distinguant que les pays en dessous ; nombre de liens précisé en en-tête (dix-sept, dont treize dans le corps) ; en 7.b, suppression d’une comparaison non établie avec le débat public ; vérification que les pôles rétractés de P2 ne sont crédités ni en 7.b ni en 7.c ; relecture visant les tournures d’opposition en voix d’analyste : onze constructions contrastives reformulées en énoncés positifs ; décompte des citations et propos rapportés rectifié en 0.d (Sampognaro, Carcillo, Lehuédé) ; en 3.A, renvoi indu au test A de l’annexe 4 supprimé, la comparaison d’ampleur relevant du contrôle interne ; en 3.D, « quatre absolus » ramené à trois et nommés ; en 3.K, nombre d’affirmations assertoriques suivant « en passe de » rectifié (deux) ; en étape 2, thèse reformulée au degré du texte (« est en passe de reculer ») ; en C7, justification de la contradiction reformulée sans appréciation non vérifiée de l’ampleur des révisions de base ; correction minimale de D7 ramenée à ce que les données établissent.

Examen réflexif

(a) Présupposé de l’analyste : l’analyse lit l’indicateur par unité de consommation depuis la situation d’un ménage type et d’un ménage médian. Or l’Insee construit cet indicateur précisément pour approcher un niveau individuel, et un journaliste peut légitimement l’employer ainsi ; le défaut D3 repose sur la composition de la baisse de 2025, établie par l’Insee ; l’indicateur lui-même n’est pas récusé. L’analyse présuppose aussi que l’infographie restitue la série actuelle de l’Insee, ce que C10 n’a pu établir.

(b) Risque de biais : risque de « gendarme » au sens de la charte de posture du projet : border une idée juste, la crise, jusqu’à l’affadir. Contre-épreuve : les défauts majeurs reposent sur les mots du texte (« de la même ampleur », « ont perdu », « les familles ») confrontés à ses propres graphiques et aux données de l’Insee, sans définition de la crise propre à l’analyste ; la rareté, cœur de l’idée, est créditée en 7.b. Autre risque : faire de la décomposition de l’Insee l’arbitre de la hiérarchie causale, alors que l’article porte aussi sur 2026, où les dividendes ne jouent plus.

(c) Limite informationnelle : série de l’Insee 1960-2025 en base 2020 non consultée (C10) ; méthode de l’IFE non publiée ; mesure et date du recul de « plus de 2 % » ; note France de l’OCDE inaccessible ; baromètre du Crédoc non consulté ; contenu des pages liées non examiné, dont l’article du 15 septembre sur les dividendes ; structure actionnariale du Monde non contrôlée.

(d) Déférence : un cas identifié. Le billet du blog de l’Insee sur la productivité (C8) a été retenu pour le niveau de −0,7 point, alors qu’il s’agit d’un billet signé par un économiste de l’institut, d’un statut distinct d’une publication statistique de référence ; il suffit à établir l’accessibilité de l’information (3.E), il n’a pas été recoupé pour la valeur. Par ailleurs, la prévision de l’OFCE d’avril (C4) émane de l’équipe de M. Plane : elle n’a pas été comptée comme corroboration indépendante, seul l’Insee l’a été.

(e) Conformisme de série : cette analyse suit d’autres analyses ARGUS d’articles du Monde dans le même projet ; celle du 24 septembre a été relue pour aligner la forme de l’en-tête, et elle attribuait un niveau 1. Le niveau retenu ici en diffère et a été tranché par la question de seuil 1 → 2 sur les éléments du présent texte. L’attention portée aux absolus (« jamais ») reproduit une catégorie de l’analyse précédente ; elle est justifiée ici par le contrat performatif que le texte se donne (0.c).

Symétrie épistémique de l’analyse : parmi les douze contrôles, sept créditent le texte en tout ou partie (C1, C2, C3, C4, C5, C6 pour 8,3 %, C11 pour les chiffres), trois le contredisent en tout ou partie (C7, C9 pour la généralisation, C10 pour la valeur de 2013), deux établissent l’accessibilité d’informations absentes (C8, C12). Les affirmations qui le créditent ont été contrôlées au même titre que celles qui le desservent.

Porte finale Règle 15 : PASS.


Note sur la fiabilité de cette analyse

Note sur la fiabilité de cette analyse

Cette analyse a été générée par une intelligence artificielle assistant l’application du protocole ARGUS. L’IA peut commettre des erreurs, des oublis ou des interprétations abusives. Il est conseillé de relire l’analyse avec un regard critique et de vérifier les points suivants : respect des étapes annoncées, présence de la section « Ce que le texte établit solidement » (7.b), et cohérence globale du jugement.


Sources des vérifications externes

Recherches sans résultat exploitable, rattachées à des contrôles partiels : note France des Perspectives de l’emploi 2026 de l’OCDE (accès refusé au robot, C9) ; série longue de l’Insee 1960-2025 (seules les années 2020-2025 affichées en ligne, C10).