ARGUS — Notice d’utilisation

Qu’est-ce qu’ARGUS ?

ARGUS est un protocole libre d’analyse critique des textes argumentatifs, conçu pour être utilisé avec une intelligence artificielle. Il permet de démonter la mécanique d’un texte — sa logique, sa rhétorique, ses présupposés, ses stratégies implicites — sans se laisser piéger par la force de persuasion de l’écriture.

ARGUS n’est pas lié à un modèle particulier. Il peut être exécuté par différentes IA, à condition que l’environnement utilisé dispose des capacités nécessaires pour lire les documents, maintenir les instructions du protocole et mener l’analyse jusqu’à son terme.

Que signifie l’acronyme ?

ARGUS = Analyse Rigoureuse Guidée par un protocole Universel et Systématique.

Le nom évoque aussi Argus, le géant aux cent yeux de la mythologie grecque : un regard multiple, vigilant, qui ne laisse rien échapper.

Langues du protocole, du texte et de la restitution

La langue du protocole fourni à l’IA, celle du texte analysé et celle de l’analyse produite sont indépendantes. N’importe quelle version linguistique d’ARGUS peut servir à analyser un texte dans n’importe quelle langue que l’IA utilisée maîtrise de façon suffisamment fiable, et la restitution peut être demandée dans une troisième langue.

Les versions linguistiques publiées d’ARGUS ne constituent pas des variantes du protocole et ne limitent pas la langue des textes analysables. Elles ont pour fonction de rendre la méthode elle-même lisible, compréhensible et auditable par le plus grand nombre. D’autres langues de présentation pourront être ajoutées si la demande le justifie.

Un outil d’aide et un outil d’apprentissage

ARGUS remplit deux fonctions qui ne se séparent pas. Comme outil d’aide, il fournit une grille et un ordre de passage qui empêchent d’oublier une opération. Comme outil d’apprentissage, il vise sa propre désactivation partielle : un lecteur qui a conduit une dizaine d’analyses complètes reconnaît un dispositif d’ouverture, une concession immunisante ou une circularité de sources sans avoir besoin de dérouler les huit étapes.

La passe à blanc. Il en découle une pratique recommandée, et c’est la seule partie du protocole qui ne peut pas être déléguée. Avant de soumettre le texte à l’IA, répondez vous-même, en quelques lignes et sans aide, à trois questions : quels présupposés l’ouverture du texte installe-t-elle, qu’est-ce qui manque, et le texte s’applique-t-il à lui-même ce qu’il exige des autres. Comparez ensuite vos trois réponses à celles de l’analyse produite. Les écarts sont l’endroit où l’apprentissage se fait. Qui lit directement l’analyse de l’IA obtient un résultat ; qui a d’abord répondu lui-même acquiert une compétence. Dix minutes.

Quelques termes expliqués

Comment utiliser ARGUS concrètement

ARGUS peut être utilisé de deux façons. Le Skill ARGUS simplifie l’installation sur les plateformes compatibles ; la fourniture directe du protocole reste la méthode universelle. Le Skill est une couche d’exécution : il ne remplace pas le protocole. En cas de divergence, ARGUS V5.0.0 demeure la référence normative.

Avec le Skill ARGUS

  1. Téléchargez le Skill ARGUS depuis la page dédiée du site.
  2. Installez le fichier ZIP dans la fonction de gestion des Skills ou Compétences de votre plateforme. Les noms et l’emplacement de cette fonction peuvent évoluer selon les services.
  3. Ouvrez une conversation neuve lorsque vous souhaitez une exécution indépendante d’analyses précédentes.
  4. Ajoutez le texte ou les textes à analyser, en les collant ou en les joignant.
  5. Donnez une consigne simple : « Analyse ce texte avec ARGUS. » Pour plusieurs textes liés : « Analyse ces textes comme un corpus avec ARGUS. » Pour une analyse plus rapide : « Utilise ARGUS Light. »

Le même Skill peut restituer l’analyse dans la langue demandée. Sa version technique est distincte de la version du protocole qu’il exécute.

Avec le protocole — méthode universelle

  1. Procurez-vous le protocole ARGUS V5.0.0, téléchargeable sur ce site.
  2. Ouvrez une conversation neuve avec l’IA de votre choix lorsque vous souhaitez une exécution indépendante d’analyses précédentes.
  3. Fournissez le protocole à l’IA : si elle accepte les pièces jointes, joignez le fichier du protocole ; sinon, copiez-collez son texte intégral.
  4. Ajoutez le texte ou les textes à analyser, en les collant ou en les joignant.
  5. Donnez une consigne simple : « Analyse ce texte avec le protocole ARGUS V5.0.0. » Pour plusieurs textes liés : « Analyse ces textes comme un corpus avec ARGUS V5.0.0. »
  6. L’IA applique d’abord le contrôle d’intégrité et l’étape 0, puis les huit étapes du protocole. Dans un corpus, l’annexe 3 s’active avant la première analyse individuelle.
  7. Pour une analyse plus rapide, demandez : « Utilise ARGUS Light. » La version Light comporte 12 opérations et n’applique pas toutes les étapes avancées du protocole complet.
  8. L’annexe 2 (signifiants vides) s’active à la demande ou automatiquement lorsque les conditions prévues par le protocole sont réunies.
  9. L’annexe 4 (contrôle arithmétique et statistique) s’active automatiquement lorsque le texte comporte des chiffres, taux, proportions, comptages ou projections porteurs. Vous pouvez également la demander explicitement.

Conditions d’exécution de l’IA

Toutes les IA ne disposent pas des mêmes capacités effectives d’exécution. La possibilité d’accepter un long prompt ou plusieurs fichiers ne suffit pas à garantir qu’ARGUS pourra être exécuté intégralement.

Une exécution complète suppose que l’environnement puisse réunir quatre capacités :

Il n’existe pas, à ce stade, de seuil universel exprimable par un nombre unique de « tokens ». Une fenêtre de contexte annoncée comme très grande ne garantit pas à elle seule une exécution conforme : la longueur maximale de sortie, le traitement des pièces jointes et la stabilité du suivi d’instructions comptent également. Les limites peuvent en outre dépendre de l’interface ou du forfait utilisé, et pas seulement du modèle sous-jacent.

Une analyse interrompue, amputée d’étapes obligatoires ou poursuivie après perte d’une partie du contexte ne doit pas être présentée comme une analyse ARGUS complète. Si l’environnement ne permet pas l’exécution intégrale, utilisez ARGUS Light, réduisez le corpus ou changez d’environnement. Une continuation peut être utile pour terminer un travail, mais elle ne rétablit pas automatiquement l’unité d’une exécution qui a perdu son état antérieur.

Accès au Web et vérifications externes

Certaines IA n’ont pas accès au Web ; d’autres disposent d’une fonction de recherche qui doit être activée séparément ; d’autres encore peuvent rechercher des sources récentes mais continuer à s’appuyer, dans leur raisonnement, sur des connaissances internes plus anciennes.

Cela concerne particulièrement les vérifications externes prévues par ARGUS. Une IA ne doit pas présenter comme « vérifié » un fait qu’elle tire seulement de sa mémoire interne. Une vérification externe suppose qu’elle ait effectivement consulté une source identifiable et pertinente pour le fait contrôlé, à la date concernée. Cette source peut avoir été fournie par l’utilisateur : l’absence de Web n’interdit donc pas, à elle seule, toute vérification externe.

L’absence de résultat dans une recherche ne prouve pas qu’un fait est faux. Si l’IA ne trouve pas de source permettant de confirmer ou de réfuter une affirmation, elle doit déclarer le contrôle infructueux ou le point non résolu, selon le cas, et non transformer l’absence de résultat en réfutation.

Pour les faits susceptibles d’avoir changé — titulaire d’une fonction, accord récent, événement en cours, réglementation, chiffres actualisés — vérifiez que l’IA dispose bien d’un accès à des sources contemporaines, ou fournissez-lui les sources nécessaires. Si ce n’est pas possible, l’analyse doit signaler cette limitation et ne pas comptabiliser une connaissance mémorisée comme une vérification.

Enfin, une vérification extérieure ne remplace pas la lecture du texte analysé : avant de réfuter une affirmation, l’IA doit s’assurer que le texte la formule réellement et dans le sens qu’elle lui attribue.

Lire et contredire une analyse ARGUS

Fiabilité de l’analyse : l’IA n’est pas infaillible. Relisez l’analyse avec un œil critique et vérifiez les points essentiels : intégrité de l’objet, étapes annoncées, sections obligatoires, annexes activées lorsqu’elles devaient l’être, cohérence du jugement et respect des règles absolues.

Une analyse n’est pas une mesure : deux analyses du même texte peuvent diverger, d’une IA à l’autre et parfois d’une exécution à l’autre. Cette divergence n’est pas corrigée par une moyenne. Les points de convergence sont relativement robustes ; les divergences indiquent les endroits qui demandent l’arbitrage de l’utilisateur.

Contredire l’analyse : la contre-épreuve courte coûte quelques minutes et capte l’essentiel. Dans une conversation neuve, sans montrer la première analyse, demandez à la même IA de traiter les seules étapes 1, 3.E, 3.H et 7.a, puis comparez vous-même les quatre résultats. Le protocole décrit deux niveaux plus exigeants : l’audit croisé par une seconde IA en aveugle et l’arbitrage humain documenté, adaptés aux analyses destinées à la publication.

Cas particuliers

Chiffres, taux et comptages : si le texte repose sur des données chiffrées, l’annexe 4 vérifie leur possibilité et non seulement leur provenance. Un chiffre correctement attribué peut être arithmétiquement impossible.

Textes composites : un ouvrage ou un rapport dont une partie argumente et une autre enseigne, décrit ou documente n’est pas traité en bloc. L’IA doit déclarer un périmètre, nommer les sections exclues et préciser sous quel régime elles sont examinées.

Plusieurs textes indépendants : lorsqu’ils ne forment pas un corpus lié, il est généralement préférable de les analyser séparément puis de comparer les résultats.

Corpus de textes liés : l’annexe 3 — ARGUS-Corpus — organise l’analyse coordonnée de plusieurs textes. Elle impose une déclaration du corpus, un tri de pertinence, l’application du protocole texte par texte, un contrôle de cohérence inter-textes, un examen des circularités et une synthèse dont la portée reste limitée à ce que le corpus permet d’établir.

Source primaire jointe à un article : un article accompagné d’une pièce primaire pertinente ne devient pas automatiquement un corpus. La pièce peut servir de source de contrôle. Le test de fidélité à la source primaire ne s’active que lorsque la filiation entre le texte analysé et cette source est effectivement établie ; une simple concordance de sujet, de date ou de chiffre ne suffit pas.

Important : ARGUS est conçu pour les textes argumentatifs ou pour les parties argumentatives de textes composites. Il n’est pas destiné à traiter comme argumentatifs des textes purement littéraires, techniques ou documentaires.